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Un semoir à bandes riveraines pour contribuer à se tenir à bonne distance des cours d’eau!

Photo : Le conducteur du semoir, habitué à ce type de travaux, est efficace et précis. Si nécessaire, il peut, à l’aide d’un autre appareil, préparer le terrain avant le semis.

Dans le 2e Rang de Saint-Hyacinthe (secteur de Sainte-Rosalie), la distanciation physique est tout aussi importante qu’en plein cœur de Montréal. Bien sûr, on respecte l’espace de deux mètres entre les personnes. Mais cette distanciation n’est pas que physique, elle est aussi aquatique… grâce à un semoir à bandes riveraines.

L’appareil en question n’a rien de sorcier. « Il s’agit d’un semoir à gazon industriel adapté à une nouvelle utilisation », indique l’agronome Vincent Couture, directeur des productions végétales à La Coop Comax.

Membre de cette coopérative, Claude Corbeil, producteur de grandes cultures et maire de Saint-Hyacinthe, n’a pas hésité à pousser plus loin le soin qu’il apporte à la conservation de ses terres et à la protection de ses cours d’eau. Adepte du semis direct depuis une dizaine d’années, il constate que, même sous ces conditions plus que favorables, l’érosion des sols se produit malgré tout.

« J’ai déjà une bande riveraine qui respecte les normes et j’ai décidé d’aller plus loin », dit cet ex-producteur de porcs, qui se consacre aujourd’hui à cultiver 235 ha de maïs et de soya, sur lesquels il épand chaque année du lisier, question de bénéficier de son pouvoir fertilisant.

Claude Corbeil a élargi sa bande riveraine grâce au service de semis qu’offre sa coopérative. Avec l’aval du conseil d’administration, cette dernière s’emploie depuis plusieurs années à favoriser l’intégration de bonnes pratiques dans ses activités et à encourager les producteurs à faire de même. « On a pris les devants, souligne Vincent Couture. En 2019, La Coop Comax a même adopté le thème En campagne pour la protection des bandes riveraines lors de sa semaine de la coopération, et on a visité les membres pour en faire la promotion. »

Composées d’arbres, d’arbustes ou d’un quelconque couvert végétal, les bandes riveraines que les producteurs aménagent le long des cours d’eau qui sillonnent leurs terres font barrière à l’érosion de la couche de sol contenant la matière organique, les fertilisants et les produits de protection des cultures.

 

Technologie simple et efficace

Amélie de la Durantaye, productrice de légumes en terres noires à Saint-Hyacinthe, a aussi mis en œuvre plusieurs initiatives de conservation des sols. « Cultiver plus en retrait des cours d’eau en est une, grâce au semis des bandes riveraines », dit cette agronome, copropriétaire des Fermes Lussier et membre du Comité des bassins versants des Douze et Métairie (CBVDM), dans la MRC des Maskoutains.

Le semoir à bandes riveraines est d’ailleurs une idée d’un des membres producteurs agricoles du CBVDM, poursuit la productrice. « On voulait une solution simple pour les producteurs, souligne-t-elle. Un programme clé en main, facturé à l’heure et exécuté de façon règlementaire. »

Léon Guertin, ingénieur et enseignant retraité de l’ITA de Saint-Hyacinthe, a collaboré au choix du modèle de semoir, en vue de s’assurer qu’il répondait aux exigences requises. « On l’a présenté au CBVDM, relate-t-il. L’équipement convenait, le prix aussi, et les membres l’ont accepté. Vincent Couture, de Comax, a accepté d’emblée de partager le coût d’achat et de s’engager dans ce projet. D’une largeur de 48 po, le semoir convient aux exigences de la règlementation. »

Les premiers essais ont été réalisés à la mi-septembre 2019. « Le tout a bien levé et s’est bien implanté », souligne Léon Guertin, qui est aussi vice-président du CBVDM et un fervent promoteur des bonnes pratiques agricoles.

« Le mélange de plantes utilisées a été spécialement conçu par le réseau Sollio pour usage en bandes riveraines, précise l’agronome Mario Rivard, conseiller stratégique à La Coop Comax. On y retrouve des graminées et deux types de trèfle, ce qui favorise une bonne implantation. Les périodes propices au semis sont le printemps et le début de l’automne. » (Voir l’encadré plus bas.)

Bénédicte Balard, agente de liaison des comités de bassin versant à la MRC des Maskoutains, a entre autres tâches d’améliorer la qualité de l’eau sur le territoire desservi et d’y favoriser le maintien de la biodiversité. « L’aménagement de bandes riveraines herbacées est une bonne façon de contribuer à la qualité de l’eau en milieu agricole, dit-elle. En revitalisant les bandes riveraines avec des espèces choisies, on favorise l’activité des pollinisateurs et on évite la prolifération des plantes indésirables, telles que les mauvaises herbes et autres espèces exotiques envahissantes. »

« On espère qu’il y aura un effet d’entraînement auprès des producteurs, déclare Amélie de la Durantaye. Cette pratique donne une belle image des producteurs agricoles. On montre qu’on se prend en main. »

 

Plus de 18 km

Déjà, une dizaine de producteurs agricoles ont répondu à l’appel, fait savoir Bénédicte Balard. « Ce printemps, qui a marqué le lancement officiel de la campagne de revitalisation des bandes riveraines dans la MRC des Maskoutains, plus de 18 km de berges ont été protégés, dit-elle. Ce service répond à un réel besoin. Reste à le faire connaître encore davantage. »

Vincent Couture est d’avis qu’il s’agit d’une formule gagnante. La Coop Comax joue un rôle de premier plan dans la promotion de ce service, qu’elle offre à ses sociétaires dans un rayon de 60 km de ses principales installations.

 

Le mélange Éco-riverain, conçu par le réseau Sollio 

bandes
 

Patrick Dupuis

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop

patrick.dupuis@lacoop.coop

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop