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Agriculture de précision : faisons le point

Les producteurs agricoles ne se contentent pas d’être spectateurs. Quand une technologie de pointe est disponible, ils sont généralement nombreux à l’adopter. L’agriculture de précision fait de plus en plus d’adeptes, mais elle peine encore à convaincre la majorité. Pourquoi? Deux spécialistes répondent.

D’entrée de jeu, une question se pose : est-ce le coût et la complexité de la technologie qui en freinent l’adoption à grande échelle?

« L’agriculture de précision offre de nombreux avantages, assure Hicham Bencharki, directeur des produits numériques et de l’innovation pour Sollio Agriculture. Je crois qu’elle est encore trop méconnue – une méconnaissance de sa vraie valeur, devrais-je préciser. Le producteur perçoit le coût de cette technologie comme un obstacle, alors qu’il devrait l’analyser sous l’angle de la valeur ajoutée et de la rentabilité qu’elle peut procurer à son entreprise. »

Il poursuit en disant : « C’est une technologie rentable, qui permet une meilleure gestion de chaque parcelle. On en tire des gains agronomiques et plus d’efficacité, ce qui se traduit par une augmentation du rendement et par des dollars économisés à l’hectare. De plus, on obtient des gains environnementaux grâce à une meilleure rationalisation de l’intrant appliqué. »

« Il y a un coût, quand même, ajoute Saad Chafki, vice-président au numérique, aux technologies et aux projets pour Sollio Agriculture. Il peut être en effet très élevé ou relativement modeste; tout dépend comment chacun décide de s’équiper. »

On peut se doter d’un semoir GPS ou d’un épandeur à taux variable, tout comme on peut favoriser l’économie de partage (par exemple les CUMA) ou recourir au travail à forfait. À chacun son choix!

Ce qu’il faut retenir, ajoute le spécialiste pour simplifier, c’est qu’on peut tirer de réels avantages de l’agriculture de précision, sans dépenser une fortune. Et dans chaque cas de figure, le producteur n’est jamais laissé à lui-même. La technologie s’accompagne de services et de compétences.

Il existe plusieurs manières pour débuter dans l’utilisation de l’agriculture de précision en fonction des disponibilités de données à la ferme. Une façon simple de débuter consiste à faire l’acquisition des cartes d’imagerie satellite de ses terres. Elles permettent de mesurer la variabilité de chaque parcelle et de gérer cette variabilité par zone. La plateforme numérique d’agriculture de précision AgConnexion, lancée par Sollio Agriculture, offre cette possibilité.

« Tout commence par la numérisation des parcelles, confirme Hicham Bencharki. Les données de chaque parcelle (date de semis, fertilisation et traitements appliqués, dépistage et observations, rendement, etc.) sont alors enregistrées et fournissent l’information nécessaire pour effectuer des comparaisons et des analyses d’une année à l’autre. C’est un véritable outil d’aide à la décision pour mieux gérer la prochaine saison de culture. Et plus les données s’accumulent, meilleure est la précision de l’information. »

Dans toute nouvelle technologie, il y a des phases d’adoption, ajoute Saad Chafki. Elles sont inhérentes au changement.

Les deux spécialistes conviennent que la faible disponibilité d’Internet à haute vitesse dans certaines régions peut aussi être un frein à l’usage de la technologie numérique. C’est pour cette raison que l’application et la plateforme AgConnexion peuvent être gérées en mode déconnecté.

Quant à la protection des données, facteur de risque souvent évoqué, Hicham Bencharki et Saad Chafki voient là un point important à gérer. « C’est un sujet sensible, en effet, indique Saad Chafki. Nous devons toujours garder à l’esprit que les données des producteurs appartiennent à ceux-ci. À nos yeux, ils en sont les seuls et uniques propriétaires. Et nous prêchons en plus pour qu’elles soient en tout temps accessibles, grâce notamment à des plateformes ouvertes. Les producteurs sont libres d’en disposer comme bon leur semble. Ils ne sont aucunement pris en otages dans une plateforme en particulier. Cette façon de travailler leur permet de tirer le maximum d’information de toutes leurs données. »

« En proposant une plateforme ouverte, Sollio Agriculture prend les devants, dit en appui Hicham Bencharki. Les producteurs pourraient ainsi mettre en commun les données de divers fournisseurs (ventilation, température, robot de traite, etc.) dans Lactascan ou Agriscan, par exemple. »

« La donnée est centrale, conclut Saad Chafki. Elle doit être accessible, et sa gestion doit être transparente et permettre de créer de la valeur, pour plus d’efficacité et de rentabilité dans l’entreprise agricole. »

Patrick Dupuis

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop

patrick.dupuis@lacoop.coop

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop