Similitudes différentes... une même stratégie

par Bruno Langlois

Curieux titre n’est-ce pas? À la mi-juin avait lieu à Nashville, Tennessee, la rencontre estivale de CRF (Cooperative Research Farms), une session de réseautage bovin par excellence. 

Malgré la contrainte de temps, j’ai choisi de parcourir la distance par voie terrestre, histoire d’ajouter plusieurs  visites de fermes bovines le long du parcours, dans une grande région qui compte 3 millions de vaches de boucherie (170 000 au Québec). Elles m’ont permis de découvrir plusieurs similitudes… différentes! Par exemple…

Le défi de fournir aux animaux suffisamment d’eau de qualité  en tout temps. Ici, l’hiver, les abreuvoirs et les conduites d’eau gelés vous compliquent la vie. Là-bas, c’est  plutôt l’été qui est problématique. Il faisait 36 C (47 C avec facteur humidex) le 13 juin dans les environs de Nashville.  Sous des températures semblables, les vaches ont tendance à se creuser de « belles grandes piscines multifonctions » au bas des pentes de ces régions particulièrement vallonneuses. Résultat?  Un niveau très élevé de diarrhée chez les veaux au pâturage.

Ensuite, pour eux aussi, rien ne semble  jamais gagné quand on parle de semis et de récoltes. Sammy Bryant, qui récoltait son blé d’hiver au nord-ouest de Nashville lors de mon passage, me confiait que la première coupe de foin de cette année s’était faite 20 à 30 jours plus tard qu’à l’habitude. Pour sa part, en 2015 dans les montagnes de Virginie, Doug Hugues n’a réussi à semer son maïs que le 20 juin !

De plus, peu importe la région et la température, certaines périodes de l’année présentent des difficultés. Jason Holland, au sud du Kentucky, achète plus de 2000 veaux  de 400 lb par année; curieusement, c’est en septembre que pneumonies menacent le plus ses nouveaux arrivés. Chez Lovers Lane Farms (Virginie occidentale), afin d’éviter les coups de chaleur, on doit allouer une surface de 47 pieds carrés par bouvillon élevé en bâtiment. Finalement, ne parlez pas de vêlages d’été aux éleveurs de ces régions : les veaux naissants sont peu vigoureux et souffrent rapidement de déshydratation.  Ils préfèrent de loin des vêlages en mars.  

En fait, outre qu’ils surviennent à des moments différents dans l’année, chacun de ces  producteurs du Angus Land américain vit les mêmes problèmes que vous. Pour y faire face, ils ont adopté certaines stratégies.

Par exemple, Jason Holland associe une partie de sa réussite  au fait d’évaluer et de saisir toutes les bonnes opportunités qui passent. Pour Bill Martin (nominé Producteur Commercial US Beef Improvement Federation en 2016), performance est synonyme de confort et de tranquillité. Tout est pensé pour ne pas déranger inutilement les bouvillons. Chez Little Windy Hill Farms, l’amélioration génétique et la mesure fréquente des performances constituent les 2 assises incontournables.  

John Weese (chapeau de cow-boy,  pieds croisés sur le bureau et chique de tabac) ajoute qu’il faut de bons équipements et être de son temps. À preuve, le drone qu’il utilise maintenant pour la surveillance de ses vêlages au pâturage! Pour Jerry Yates, gérant de la station d’épreuve de West Virginia State University, la sélection génétique basée sur l’efficacité de transformation des aliments représente sa piste de solution. Finalement, les Bryant appuient leurs succès sur les rotations des pâturages, jumelées à  leur fertilisation azotée.

Il y a cependant une stratégie qui était commune à tous, sans exception : l’importance des fourrages de qualité utilisés méthodiquement dans le cadre   d’un programme alimentaire éprouvé. Similitude ou différence ? Curieusement, c’est en plein là que l’équipe Opti Bœuf La Coop peut vous aider.

Bonne réflexion!

Portrait de Bruno Langlois

QUI EST BRUNO LANGLOIS
Agronome et passionné de production bovine, Bruno détient une solide expérience de plus de trente-cinq ans en productions animales. Il est conseiller spécialisé en production bovine à La Coop fédérée.

bruno.langlois@lacoop.coop

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