Réseautage bovin

par Bruno Langlois

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L’un de mes collègues, aujourd’hui retraité, utilisait régulièrement une expression quand il abordait certains dossiers : « Il faut parfois s’éloigner de l’arbre pour mieux voir la forêt. » Pour cette chronique, j’ai décidé de vous décrire une partie de la « forêt bovine » que mon point de vue me permet d’apercevoir.

En premier lieu, mentionnons une réalité zootechnique liée à l’espèce : la prolificité extrêmement basse des bovins par rapport à la majorité des autres animaux d’élevage. Celle-ci est cependant largement compensée par des avantages concurrentiels indéniables. Pensez par exemple à la capacité incroyable d’adaptation au milieu. Les bovins peuvent vivre, se développer et donner un bon rendement, sans besoin d’infrastructures fixes très coûteuses, de – 15 à + 30 °C. En ce qui concerne leur alimentation, le rumen permet de valoriser des aliments souvent délaissés par les autres productions animales et ainsi offertes à plus faible coût.

L’opportunisme de cette production va beaucoup plus loin. Essayez de trouver une production qui permet à chaque exploitant de changer rapidement de stratégie de mise en marché : vente des veaux à des poids allant de 500 à 900 lb, plage de poids d’abattage entre 1250 et 1700 lb. Avantage ou inconvénient? Difficile à dire, mais, malgré des prix différents, tous les animaux trouvent toujours preneur en tout temps dans un marché toujours très actif.

Pas surprenant, donc, qu’on trouve des bovins dans tous les recoins de l’Amérique du Nord. Et répartis de manière passablement uniforme sur l’ensemble du territoire. Là où il n’y a pas de fermes bovines, c’est qu’il n’y a pas d’agriculture : hautes montagnes, grands massifs forestiers, régions désertiques.

Toutefois, malgré des réalités animales très différentes, les producteurs bovins, qu’ils soient au Mexique, aux États-Unis ou au Canada, affrontent le même défi : améliorer constamment les performances technico-économiques afin de dégager une marge bénéficiaire positive. Pour y parvenir, mieux vaut éviter la stratégie « essais-erreurs », trop lente et toujours très onéreuse. Il est préférable de se fier aux projets de recherche et au transfert technologique.

C’est là que le réseautage bovin prend toute son importance. C’est un peu la partie la mieux cachée de cette « forêt ». Pensez-y : quand on sait que la recherche bovine est entre 10 et 100 fois plus coûteuse que pour d’autres espèces, et que le Québec ne représente qu’une infime part du cheptel nord-américain, il est facile de comprendre qu’en travaillant seul on n’avancera jamais très rapidement. Se pourrait-il qu’une façon de s’améliorer consiste à « importer » du savoir-faire?

C’est le moyen que La Coop fédérée a choisi lorsqu’elle a rejoint les rangs de CRF (Cooperative Research Farms), en 1966. CRF est un regroupement d’entreprises actives en alimentation animale dont l’objectif est de partager non seulement les coûts de la recherche, mais aussi l’expertise des différentes équipes.

Imaginez par exemple que tous les mois, depuis plusieurs décennies, un groupe de personnes prend le temps de discuter ensemble des projets de recherche en alimentation bovine en cours et à venir. Rien de bien spécial, me direz-vous. Imaginez maintenant que ces personnes vivent leur quotidien en Virginie (Southern States Coop), au Tennessee (Tennessee Farmers), en Ohio (Kalmbach Feeds), en Saskatchewan (Federated Coop), en France (In Vivo) et au Québec (La Coop fédérée). Et qu’ils servent une clientèle se trouvant dans une quinzaine d’États américains, quatre provinces canadiennes et une grande partie du territoire français. Ça change la perspective, ça agrandit les horizons, ça ouvre des possibilités, n’est-ce pas? Après tout, malgré la différence des conditions climatiques et des marchés visés, un bovin, c’est un bovin!

Chaque fois que vous rencontrez votre expert-conseil bovin La Coop ou communiquez avec lui, vous avez automatiquement accès à ce réseautage. À vous d’en tirer profit.

Portrait de Bruno Langlois

QUI EST BRUNO LANGLOIS
Agronome et passionné de production bovine, Bruno détient une solide expérience de plus de trente-cinq ans en productions animales. Il est conseiller spécialisé en production bovine à La Coop fédérée.

bruno.langlois@lacoop.coop

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