Saison des sucres: le passé n’est pas garant de l’avenir

par La rédaction

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Texte de Raymond Bernier, ingénieur, conseiller en acériculture et en agroenvironnement, MAPAQ, Outaouais

La récolte de la saison des sucres est-elle influencée par les conditions météorologiques de la saison de végétation précédente?

Les saisons des sucres de 2016 et 2017 ont permis à la plupart des acériculteurs du Québec d’obtenir des rendements records. Un départ hâtif et la quasi-absence d’épisodes de chaleur ont contribué au caractère exceptionnel de la production.

Pour bien des entreprises, le nombre de journées de production a été augmenté d’environ 10 par rapport aux saisons précédentes. De plus, comme les températures de jour se maintenaient dans la zone de température froide de la coulée (entre 3 et 8 °C), la qualité du sirop a été remarquable, avec des saveurs douces et des couleurs pâles.

La saison de végétation actuelle aura-t-elle un impact sur la récolte de 2018?

Bien que beaucoup de producteurs pensent que le volume de production dépend des conditions météorologiques de la saison de végétation précédente, la réalité est plus complexe. La quantité de sucre récoltée au printemps dépend surtout du temps qu’il fait pendant la saison des sucres.

Cette thèse est d’ailleurs confortée par les résultats de la production des printemps 2016 et 2017, de même que par une étude récente de Christian Messier, professeur d’écologie forestière à l’Institut des sciences de la forêt tempérée (ISFORT), situé à Ripon, et à l’Université du Québec à Montréal. Ce dernier a accepté généreusement de communiquer une partie des résultats de son étude aux lecteurs du Coopérateur (voir l’étude).

Cette question a aussi intéressé des chercheurs québécois et allemands. Ils savaient que le sucre contenu dans l’eau d’érable récoltée au printemps vient des réserves que l’arbre a produites par photosynthèse pendant l’été. Ils savaient aussi que les arbres peuvent accumuler du sucre durant plusieurs années.

Mais il restait à savoir si le sucre contenu dans l’eau d’érable était le produit de la photosynthèse effectuée l’année précédente seulement, ou s’il datait de plusieurs années. La question est importante, car cela permettrait de déterminer si le contenu en sucre de l’eau d’érable dépend ou non de la qualité de la dernière saison de croissance.

Ces résultats sont importants pour les acériculteurs : ils indiquent que le taux de sucre de l’eau d’érable que l’on récolte au printemps est beaucoup moins affecté par les conditions de croissance des années précédentes que ne le laisse penser la croyance populaire.

Vous pouvez lire la version complète dans l'édition d'octobre du Coopérateur.

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