Risques climatiques: défi pour l’agriculture

par Affaires économiques

Crédit photo : Pixabay

Les risques climatiques représentent un défi important pour la compétitivité agricole.

La semaine dernière se tenait le Congrès annuel de l’Ordre des agronomes du Québec. La production agricole étant vulnérable aux aléas du climat, le thème de cette année portait sur les changements climatiques. Un indicateur de toute l’importance de cet enjeu pour la production agricole.

Par ailleurs, à l’échelle internationale, lors du récent sommet du G20, la Chine et les États-Unis ont ratifié la convention de Paris adoptée à la COP21. C’est un signal clair envoyé par les deux premières économies du monde au reste de la planète.

Les changements climatiques sont réels et de plus en plus présents. À l’échelle globale, on observe une accélération d’événements extrêmes en intensité et en fréquence, ayant des conséquences sur les rendements agricoles.

Selon le consortium Ouranos, entre 1950 et 2010, les températures au Canada ont augmenté de 1,6 degré, soit deux fois plus que le rythme mondial qui était de +0,85 degré depuis 100 ans. Le Québec aussi s’est réchauffé de 1 à 3 degrés entre 1950 et 2011. De plus, selon la NASA, 2016 est en voie d’être l’année la plus chaude depuis que des statistiques climatiques sont compilées.

Certes, les changements climatiques présentent des occasions pour l’agriculture québécoise. Selon les régions, on prévoit des augmentations de rendements de certaines cultures comme le maïs et le soya. Toutefois, de nombreuses menaces sont aussi à venir.

En effet, la vulnérabilité de la production agricole quant aux événements extrêmes (excès de pluie ou de chaleur) peut causer indirectement des dommages aux cultures. On prévoit aussi des impacts directs, telle une augmentation de la population des insectes ravageurs et des espèces envahissantes.

Par exemple, des ouragans peuvent favoriser la migration vers le Nord des agents pathogènes. En outre, des pluies soutenues présentent le risque de réduire l’accès aux champs par les producteurs et, selon des études, une augmentation de la température entraînerait aussi des pertes d’efficacité de certaines technologies appliquées pour augmenter les rendements.

Ces risques sont difficiles à gérer pour les producteurs. Selon une étude de Forest Lavoie Conseil (FLC), il faudrait clairement minimiser les risques climatiques afin de maintenir la compétitivité du secteur agricole.

Entre 2004 et 2010, plus de 75 % des indemnités versées par l’assurance récolte étaient directement associées à des causes climatiques. FLC rappelle aussi l’exemple de l’année 2011 qui fut un cauchemar pour les producteurs maraîchers. En conséquence, près de 13 millions $ ont été payés par l’assurance récolte cette année-là en raison des pertes liées aux aléas climatiques.

Alors que des épisodes climatiques et météorologiques sont susceptibles de se manifester davantage dans l’avenir, FLC recommande par exemple que les politiques et les programmes d’assurance appuient les producteurs agricoles dans la mise en œuvre des mesures d’adaptation à la ferme. Les mégadonnées (big data) permettront aussi aux producteurs de catalyser leur productivité à l’aide des bases de données pour suivre les activités des ravageurs émergents.

 

                           

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