Période de canicule, attention à la reproduction

par Annick Delaquis

Crédit photo : Luce Morin

Les premiers signes de stress thermique sont l’accroissement de la température corporelle (la normale étant de 38,5 °C en moyenne) et du taux de respiration. Un taux normal se situe entre 40 et 50 respirations/minute. Lorsque celui-ci dépasse les 70 respirations par minute, les vaches souffrent potentiellement de stress thermique.

Il faut porter attention à ces paramètres parce qu’un stress thermique aura des répercussions à plusieurs niveaux. On observe souvent une réduction de la consommation de matière sèche, une réduction du bilan énergétique des vaches, une réduction de l’activité physique ‒ pour diminuer la production de chaleur ‒ et la redirection du flux sanguin vers la périphérie pour dissiper la chaleur.

Ces changements auront des conséquences négatives sur la production laitière, mais aussi, plus sournoisement, sur les performances de reproduction.

Une diminution de l’activité physique se traduit par une moins bonne démonstration des chaleurs, les rendant plus difficiles à détecter. Ensuite, une augmentation de la température corporelle, une réduction du bilan énergétique et une redirection du flux sanguin vers la périphérie auront des impacts négatifs sur la qualité des Oocytes, le développement embryonnaire, et la survie des embryons.


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Comme le follicule requiert de 80 à 100 jours pour se développer, un stress thermique ponctuel peut affecter la reproduction sur une longue période. Les follicules sont très sensibles au stress thermique. La chaleur peut aussi endommager l’ovule contenu dans le follicule dominant, ce qui peut entraîner des répercussions plusieurs jours ou mois suivant le stress thermique (jusqu’en novembre). Des études récentes présentées au congrès 2015 de l’American Dairy Science Association suggèrent qu’en plus d’affecter le développement des follicules, un stress thermique en fin de gestation aura des répercussions négatives sur les performances des génisses à naitre tant au présevrage qu’une fois en lactation.

Comment minimiser les effets du stress thermique?

1- Ventiler adéquatement

Comme les animaux accumulent leur chaleur tout au long de la journée, le point où la température corporelle est à son plus haut est le soir à 18 h. Ce n’est surtout pas le temps d’arrêter les ventilateurs la nuit!

2- Ne pas oublier l’eau!

Avoir de l’eau à volonté est toujours très important, mais encore plus en période de stress thermique où les volumes de pertes d’eau peuvent être considérables. L’eau joue un rôle de thermorégulation et est primordiale dans la production de lait.

3- L’alimentation?

Pour l’alimentation, plusieurs stratégies peuvent être apportées pour aider à combattre les situations de stress. Référez-vous au texte « Vaches : stratégies alimentaires en période de canicule ».

Portrait de Annick Delaquis

QUI EST ANNICK DELAQUIS
Agronome et détentrice d'un doctorat en alimentation animale, Annick est nutritionniste en production laitière à La Coop fédérée.

annick.delaquis@lacoop.coop

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