Floroma: Forcer moins, alimenter mieux, produire plus

par Étienne Gosselin

Il y a un « avant » et un « après » à la Ferme Floroma – la disparition de deux silos verticaux dans le ciel de Pont-Rouge peut en témoigner. Et Florent et Patrick Leclerc alimentent maintenant avec plus d’efficacité leurs vaches laitières!

Un des deux silos verticaux menaçait de s’écrouler et, la dernière année, on ne l’utilisait même plus. Avec 115 kg de quota à produire en 2015, l’ensilage venait à manquer dès les premiers jours du printemps. Et nourrir les animaux prenait chaque jour quelques heures. Il fallait distribuer l’ensilage à la machine, les balles rondes à la main et les concentrés au robot d’alimentation sur rail. 

« Avec ses nouveaux silos-couloirs et sa mélangeuse automotrice, la ferme pourrait alimenter deux fois plus de vaches », s’enthousiasme pour sa part le technologue qui concocte les rations du troupeau Floroma, l’expert-conseil Martin Grenier. « Patrick est un gars tourné vers l’avenir. Moderniser l’alimentation faisait partie d’un plan mûr et réfléchi. »

Croissance, efficacité et vision

En 2015, la ferme a pris le virage vers l’alimentation en ration totale mélangée (RTM), en faisant couler 630 m3 de béton pour la construction de cinq silos-fosses pouvant contenir chacun 700 tonnes d’ensilage.

On a aussi opté pour une toiture (pente 4/12) au-dessus des grandes fosses, un surcoût de 175 000 $ pour la structure d’acier, mais une décision que ne regrette pas Patrick Leclerc. « Ni le soleil ni les précipitations ne peuvent désormais détériorer la qualité de nos ensilages, explique l’agriculteur. Les pertes à l’entreposage et à la reprise sont minimes. »

Pour brasser les rations, l’entreprise a choisi une mélangeuse automotrice plutôt qu’un mélangeur fixe muni d’un automate. Une décision aussi bien pragmatique qu’économique, en comparaison avec l’achat d’un panneau de contrôle et de plusieurs videurs de silos verticaux.

Une fois la ration élaborée, elle est déchargée sur un convoyeur de la chambre d’alimentation pour être distribuée aux animaux avec un chariot motorisé.


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Alimenter mieux, produire plus

On prépare donc une seule RTM, servie à tous les animaux. Comme les vaches en lactation sont encore logées en stabulation entravée, celles dont la production est supérieure reçoivent au robot une alimentation en couverture de la ration de base.

Pour stimuler la consommation d’aliments frais, on concocte deux rations par jour, servies en deux repas. 

Les avantages de ces changements et innovations sont nombreux.

Passées en RTM, les vaches trient moins leur ration. La qualité et la constance de la ration s’en trouvent améliorées. Parce qu’on homogénéise davantage l’alimentation grâce au mélangeage horizontal des différentes coupes (principe du millefeuille lors du remplissage de la fosse) et au désilage vertical à l'aide d'une fraise, les animaux consomment les mêmes aliments à longueur d’année.

Enfin, on libère le temps passé à confectionner des rations au profit d’activités plus productives, notamment auprès des animaux.

En somme, c’est le réservoir de lait qui a menacé de déborder la plupart du temps, obligeant Patrick à augmenter la capacité d’entreposage à 3000 gallons!

Prévoyant, il n’a eu qu’à retirer le parement de briques de la laiterie, à dévisser six vis et à retirer la cloison pour qu’on puisse sortir l’ancien réservoir et entrer le nouveau. Fait anecdotique, oui, mais révélateur du degré de prévoyance de ces Leclerc de Pont-Rouge!

Vous pouvez lire le reportage complet dans l'édition de novembre-décembre du Coopérateur.

Portrait de Étienne Gosselin

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est.

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