Ferme Soden : le projet de Sophie

par Patrick Dupuis

C’est ainsi que son conjoint, Denis Richard, le décrit – même s’il en est lui aussi partie prenante. « La vie est bonne avec nous », dit Sophie Bédard, qui a mis sur pied, il y a un an, deux bâtiments d’engraissement d’une capacité annuelle totale de 12 000 porcs.

Le 10 août 2016, les porcelets en provenance des Fermes boréales arrivaient à la Ferme Soden, dans de toutes nouvelles installations d'élevage.

Aménagés dans le rang du Portage, à Leclercville, les deux bâtiments d’engraissement, de 2995 places chacun, permettent de produire 13 000 porcs par année, soit 1000 de plus que ce qui était initialement prévu.

« Nous avions budgété pour 12 000, lance Sophie, copropriétaire de la Ferme Soden. La qualité, la santé, le poids et la performance des porcelets ont joué en notre faveur. » Ils se sont avérés, bien au-delà de l’espérance du couple, de véritables petites bombes de productivité.


À lire aussi :
Ferme Désilets, en constante amélioration


Vision Big Sky

Il a fallu au couple pas moins de deux ans d’un intense travail pour achever son projet, construit conformément aux normes européennes de bien-être animal. « On visait le meilleur modèle qui soit financièrement viable », dit Sophie. Elle précise : « On voulait répondre aux exigences des consommateurs, mais nous n’avons pas pensé qu’au bien-être des animaux : celui des travailleurs était tout aussi important. »

C’est en Saskatchewan, à la ferme porcine Big Sky, propriété d’Olymel, que Sophie a vu ce qu’elle recherchait. « Tout cadrait avec mes attentes et mes valeurs, dit-elle : de l’espace, de la lumière, des animaux confortablement logés et d’excellentes conditions de travail. »

En offrir plus

Lorsqu’elle s’est mise à recruter du personnel pour l’épauler à la ferme, Sophie a bien vite constaté qu’on ne se bousculait pas pour postuler.

« La production porcine n’est pas “jazzée”, dit-elle. Il a fallu que j’imagine des façons de nous différencier et d’intéresser les travailleurs à notre ferme. Ça coûte plus cher d’en donner plus, mais des employés heureux travaillent mieux. Résultat : les porcs performent mieux. »

« Le respect du bien-être fait l’objet d’un contrat d’engagement avec les employés, précise Sophie. On y dicte ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Tous doivent le signer. Il faut travailler comme si, en tout temps, une caméra nous surveillait. »


À lire aussi :
Tomographie par ordinateur, nouvelle technologie en sélection génétique porcine


Les beaux esprits se rencontrent

En 2012, Sophie mettait un terme aux activités de son entreprise de 200 truies. « Ce n’était pas un modèle d’avenir », explique celle qui fit par la suite un retour à l’université, en ressources humaines, avant de lorgner à nouveau la production. « J’ai été élevé dans ça, dit-elle. Le porc, c’est en moi. »

Denis, lui, mijotait l’idée de se lancer dans l'élevage porcin, pour valoriser de deux façons ses 405 ha de grandes cultures. Sophie et Denis tentent alors le coup. Jusqu’à maintenant, Sophie et Denis font mieux que leurs prévisions budgétaires.

« En achetant des truies dans les Fermes boréales, on partage les bénéfices, indique Sophie. Et on devient partenaires de l’abattoir, en l’occurrence Olymel. Nous sommes appuyés par une expertise très diversifiée. » Elle ajoute que le modèle des Fermes boréales convient à tous les types de producteurs, forfaitaires ou propriétaires.

De plus, La Coop de Parisville et Desjardins ont soutenu sans réserve le projet depuis le début.

« On ne peut gérer seuls une telle entreprise, dit Sophie. Il nous faut du recul, des conseils, de l’expertise externe. Nous sommes toujours en apprentissage… »

Vous pouvez lire la version complète de ce reportage dans l'édition d'octobre du Coopérateur.

Portrait de Patrick Dupuis

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop

0 Commentaires