Bovins sous haute surveillance

par Patrick Dupuis

Entrepreneure dans l’âme, jeune et fonceuse, Chantal Agnew a pris le taureau par les cornes pour améliorer l’efficacité de son entreprise, la Ferme Anglo Acres. En 2012, elle installait huit caméras de surveillance dans son exploitation de bovins de boucherie, située à Saint-Chrysostome, au sud de Montréal.

Parc de vêlage, parc d’engraissement et cours de la ferme sont depuis sous surveillance 24 heures par jour. Certains emplacements sont équipés de plus d’une caméra, ce qui permet de varier l’angle d’observation des animaux et de couvrir une plus vaste superficie des aires d’élevage.

La Ferme Anglo Acres, propriété de Chantal et de son conjoint, Frank Boyle, élève 150 têtes, dont 57 vaches Angus croisées (Simmental, Shorthorn, Hereford, Gelbvieh). Chaque année, 57 nouveaux venus s’ajoutent au troupeau, dont l’insémination artificielle est le principal mode de reproduction.

De partout et en tout temps

Des écrans de surveillance, allumés en tout temps et sur lesquels on peut observer à la fois les prises de vues des huit caméras, ont été installés dans le bureau et la chambre à coucher. Où qu’elle soit, Chantal peut également avoir l’œil sur son élevage à l’aide de son téléphone intelligent, qui lui retransmet les prises de vues des caméras.

Avant l’installation de caméras, elle devait, lors des vêlages (qui s’échelonnent de janvier à mars), se lever toutes les deux heures pour vérifier si tout se déroulait sans embûches. « On ne dormait pas beaucoup, dit-elle. La fatigue s’accumulait. » Aujourd’hui, c’est depuis son lit douillet qu’elle peut observer ses vaches mettre bas.


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« On les voit vêler en direct, souligne Chantal. Auparavant, chaque fois qu’on entrait dans le bâtiment pour jeter un œil sur la vache, elle était distraite par notre présence. Comme nous n’intervenons plus, elle peut paisiblement se concentrer sur son travail et donner naissance à son veau en toute quiétude, et plus rapidement. »

Une fois la mise bas terminée, la mère et le nouveau-né sont installés dans un box, à partir d’où on peut les observer, toujours à l’aide des caméras, pour s’assurer de la prise du colostrum. 

Cela dit, les prises de vues des caméras n’éliminent pas les visites en personne que Chantal effectue chaque jour.

30 jours d’archives

Le système de caméras conserve en mémoire les images enregistrées pendant une durée de 30 jours.

L’installation des huit caméras a coûté environ 5000 $. « Un investissement relativement faible, compte tenu de tous les avantages qu’il procure à l’entreprise », estime le technologue Jason Brock, conseiller spécialisé OptiBœuf S.E.N.C.

Il faut savoir que Chantal gère presque à elle seule l’exploitation familiale. Les caméras sont donc de véritables alliées, de multiples yeux supplémentaires qui scrutent les lieux d’élevage jour et nuit.

Moins de vaches, plus de bouvillons

Du total de veaux nés chaque année à la ferme, 25 mâles sont élevés sur les lieux pour l’engraissement et une douzaine prennent le chemin de l’encan. Dix femelles de remplacement sont conservées pour reconstituer le troupeau, et une dizaine d’autres sont vendues à un producteur situé à proximité, que Chantal connaît bien. Chaque année, elle achète les mâles nés dans la ferme de ce producteur, afin de les engraisser dans ses propres installations.


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Chantal souhaite réduire son cheptel à 50 vaches, vendre davantage de femelles de remplacement à son ami producteur pour lui acheter plus de veaux, ce qui lui permettrait d’en élever davantage à la ferme. 

Avec toutes les activités qu’elle mène* et l’expansion que prendra son entreprise, la productrice voit les caméras de surveillance comme un véritable outil de gestion, presque incontournable dans sa situation, et qui a déjà fait ses preuves.

*Chantal Agnew est également propriétaire de la boutiquebonboeuf.com

Vous pouvez lire le reporage complet dans l'édition d'octobre du magazine Coopérateur.

Portrait de Patrick Dupuis

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop

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