La Coop fédérée: « la gestion de l’offre, c’est non négociable»

par La rédaction

Photo : Dans l'ordre habituel : René Moreau, président d'Agropur; René Proulx, président et chef de la direction d’Exceldor; Ghislain Gervais, président de La Coop fédérée; Marcel Groleau, président de l'UPA et Laurent Lessard, ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec lors de la conférence de presse organisée par La Coop fédérée le 19 janvier.

La Coop fédérée est formelle. Elle s’oppose avec force à toute nouvelle brèche dans le système de la gestion de l’offre.

Un rapport de PriceWaterhouse Coopers, rendu public le 19 janvier dernier, révèle les conséquences désastreuses de la disparition de la gestion de l’offre dans le secteur de la volaille au Canada.

Le rapport, réalisé à la demande de La Coop fédérée, d’Exceldor coopérative, des Fermes Burnbrae et de Nutrigroupe, en collaboration avec la Fédération des producteurs d’œufs du Québec, Les Éleveurs de volailles du Québec et les Producteurs d’œufs d’incubation du Québec, indique que de 58 000 à 80 000 emplois sont menacés au Canada, dans le secteur avicole seulement, advenant la disparition du système de gestion de l’offre.

En conférence de presse, lors du lancement de l’étude de PwC, les représentants des principales entreprises et organisations agricoles québécoises, ainsi que le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, ont été unanimes, sans équivoques et solidaires à prononcer haut et fort un « non » ferme et catégorique à toutes nouvelles brèches, quelle qu’elles soient, dans la gestion de l’offre.

« L'administration américaine croit que le système actuel de gestion de l'offre au Canada, qui [outre le lait] comprend les œufs et la volaille, limite injustement sa capacité d'exporter ces produits au Canada, a rappelé le président de La Coop fédérée. Nous croyons au contraire qu'il est essentiel de défendre ce système dans son intégralité. Le rapport de PwC révèle les répercussions économiques probables de certains changements supposés au système canadien de gestion de l'offre, en ce qui concerne la production d'œufs et de la volaille. L’abandon du système aurait comme conséquence première que le coût des importations américaines au Canada deviendrait le prix de référence pour les marchés combinés des États-Unis et du Canada. Concrètement, cela signifie que beaucoup moins de produits provenant des producteurs d’ici seraient offerts aux consommateurs. »

Plus précisément, ajoute le président, on peut s’attendre à ce que la part de marché de la production canadienne d'œufs diminue dans une proportion allant de 80 % à 90 %, c’est-à-dire qu’elle ne représenterait plus que 10 % de ce qu’elle est actuellement, alors que la part de marché de la production de poulet diminuerait de 40 % à 70 %. Autre conséquence : la grande majorité de l'industrie canadienne de la dinde disparaîtrait probablement. Sur le plan économique, ces changements se traduiraient par une diminution du PIB canadien de 4,6 à 6,3 milliards de dollars. 

Au cours de la dernière année, La Coop fédérée a multiplié les représentations et les interventions à cet effet, soulignons notamment une lettre ouverte envoyée au printemps dernier au premier ministre du Canada et une participation au dernier Sommet de l'alimentation.

« L’agriculture ne doit pas servir de monnaie d’échange dans les négociations, a martelé le président de La Coop fédérée. Au nom de ses membres, de ses partenaires, de ses clients, des consommateurs et de nos valeurs collectives, c’est ce que La Coop fédérée réclame. »

Rappelons que c’est à Montréal que se tient actuellement la sixième ronde de négociations de l’Accord de libre-échange nord-américain, et ce, jusqu’au 29 janvier.

 

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