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Soutenir les familles agricoles au temps de la COVID-19

Photos : François Perras

Jour après jour, le gouvernement du Québec resserre la vis – à juste titre – pour réduire les mouvements de la population et enrayer la pandémie du COVID-19. Il est légitime pour les producteurs agricoles de se demander s’ils recevront leurs intrants comme d’habitude. Le Coopérateur fait le point avec Sébastien Léveillé, chef de la direction de Sollio Agriculture.

 

La saison des cultures arrive bientôt. Quels moyens avez-vous pris pour vous assurer d’avoir les produits en stock et, ensuite, d’en approvisionner les producteurs?

Nous avons pris plusieurs moyens. Commençons par les semences. La planification du criblage dans nos installations et celles de nos partenaires s’étale sur plusieurs mois, avec l’objectif de compléter le tout pour le 1er mai. Donc à un peu plus d’un mois jusqu’à cette date, nous sommes heureux de dire que 90 % du criblage des céréales (blé, orge, avoine) est complété. Du côté du soya – qu’on doit commencer seulement en mars parce que les fèves se brisent lorsqu’on les crible par grand froid – on est environ à 30 % d’avancement, mais on s’attend à ce que tout soit livré dans les temps pour les semis. On travaille aussi avec les détaillants de nos réseaux pour qu’ils soient prêts à recevoir leurs livraisons tôt. On voit que les producteurs sont prévoyants et qu’ils se préparent à recevoir leurs commandes tôt et c’est vraiment le conseil qu’on donne à tout le monde : planifier la livraison de ses intrants le plus tôt possible. Nous déployons beaucoup d’énergie à la logistique de nos activités et nous tentons de prévoir ce sur quoi nous avons le contrôle.

 

On sait que les fertilisants proviennent de l’ouest du Canada, des États-Unis et d’Europe et qu’ils sont transportés par train ou par bateaux. Avons-nous les quantités nécessaires pour affronter la saison des cultures qui commencera sous peu?

D’abord, la bonne nouvelle est que les quantités sont en place pour commencer le printemps dans nos installations et dans nos réseaux. Nous sommes donc prêts pour le début des semis. Comme nous comptons à chaque année sur plusieurs livraisons additionnelles par bateau et par train, nous avons établi des plans de contingence avec nos fournisseurs et partenaires, incluant Transport Canada, pour garantir la continuité des opérations et assurer l’approvisionnement de nos réseaux dans les prochaines semaines. Nous nous assurons d’avoir un suivi très serré de la logistique de ces livraisons, car heureusement le transport de marchandises de produits essentiels n’est pas arrêté. Nous tentons maintenant avec nos réseaux de détaillants de bien synchroniser les livraisons aux producteurs pour libérer l’espace d’entreposage nécessaire au déchargement des bateaux attendus.

Par ailleurs, le positionnement des installations de Sollio Agriculture sur le long du fleuve Saint-Laurent et de la voie maritime est un atout incroyable, en cette période difficile, pour répondre à la demande printanière et approvisionner les agriculteurs québécois dans les temps. On peut dire que nos investissements des 30 dernières années dans des emplacements stratégiques pour les marchés agricoles nous servent bien aujourd’hui.

 

Qu’advient-il de l’approvisionnement en moulée pour les producteurs laitiers, porcs, volaille, bœuf et autres?

À ce jour, nous avons amplement de produits en stock pour poursuivre nos activités de meunerie et approvisionner nos producteurs. Puis, nous travaillons avec l’équipe des productions animales et du secteur grain à maintenir nos stocks suffisamment élevés pour éviter un ralentissement possible des approvisionnements si des contraintes gouvernementales plus sévères devaient être mises en place. Je rappelle toutefois que, selon les directives du gouvernement, nous sommes un service essentiel.

 

Quelles sont les précautions sanitaires prises pour préserver la santé et la sécurité des producteurs agricoles et du personnel qui travaille auprès d’eux et dans les meuneries et usines?

Nous avons renforcé les mesures sanitaires dans tous nos établissements et, croyez-nous, on veut à tout prix éviter une interruption d’affaires ayant des impacts sur nos producteurs. Ainsi, le lavage des mains, le nettoyage fréquent des surfaces de travail, la distance à maintenir entre les travailleurs sont des règles sur lesquelles on insiste vigoureusement au quotidien. Ces mesures sanitaires sont en place autant dans nos meuneries, nos couvoirs, nos centres de distribution que dans les centres de criblage de semences. Le travail des producteurs agricoles est primordial et nous ne devons pas représenter une source de contagion possible pour eux ni pour nos employés. Par ailleurs, les visites sur les fermes par nos experts sont restreintes au minimum, soit en cas d’urgence ou de grande nécessité pour le fonctionnement de la ferme.

 

Est-ce que les récentes mesures prises par les gouvernements ont un impact sur nos activités, par exemple, celle de la fermeture des entreprises autres que celles qui sont essentielles?

L’évolution des directives gouvernementales met assurément une pression sur notre organisation. Mais nous maintenons un dialogue avec tous les paliers de gouvernements pour trouver des solutions à certaines règles plus contraignantes. Par exemple, au moment d’écrire ces lignes, nous apprenions que le ministère des Transports du Québec accordait un assouplissement quant à la limite de poids des chargements en période de dégel, alors que les équipes de Sollio Agriculture et Sollio Groupe Coopératif poursuivent leurs démarches pour obtenir les mêmes dispositions en Ontario. Ce qui nous permet de maximiser chacun de nos transports de marchandise.

 

Avez-vous des conseils à donner aux familles agricoles pour la poursuite de leurs activités en toute sécurité?

Oui et c’est simple. Continuez à suivre les règles sanitaires recommandées par les gouvernements pour protéger d’abord vos familles puis vos activités agricoles. C’est important, car nous avons besoin de vous pour nourrir la population. Et la population compte sur vous plus que jamais.

La rédaction

edition@lacoop.coop