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Chroniques / Entre nous

Producteurs agricoles, agronomes et pesticides

Nous sommes tous préoccupés par l’utilisation des pesticides. En tant que producteurs utilisateurs, notre santé est à risque, et en tant que consommateurs, nous sommes comme tout le monde : nous nous en passerions, si c’était aussi simple.

Les pesticides sont conçus pour tuer et détruire les ravageurs des cultures, qui empêchent les plantes de se développer et de donner le rendement qu’on attend d’elles. Mal utilisés, ils peuvent aussi être une menace pour la santé et la biodiversité. 

Il faut donc être prudent en les utilisant et en réduire l’usage dans la mesure du possible, sans pour autant compromettre les récoltes. Si l’on doit les utiliser pour protéger les cultures, il faut le faire avec rigueur et précision.

Dans tout le débat médiatique qui nous inonde de demi-vérités depuis quelques mois, les producteurs agricoles sont décrits comme à la merci des agronomes-conseils et de la grande industrie agrochimique. C’est ignorer complètement la réalité.

Nous sommes des entrepreneurs à la tête d’entreprises importantes. Nous sommes formés et certifiés pour l’utilisation des produits de protection des cultures, dont la majorité est encore en vente libre, et nous ne les utilisons pas par plaisir. D’autant plus qu’il y a des coûts importants liés à leur usage.

Je suis de la cinquième génération des Gervais à cultiver mon coin de pays, et la sixième génération est en train de se mettre en place. Nous n’utilisons pas les produits de phytoprotection pour détruire cette terre qui est notre gagne-pain, mais bien parce qu’il n’existe souvent pas encore d’autres options tout aussi efficaces.

Nous les utilisons parce qu’ils sont homologués et que la majorité des scientifiques s’entendent sur le fait que, employés correctement, ils ne posent pas de danger pour la population. Mais on le sait, la science évolue et les consommateurs sont soucieux de l’avenir de la planète. Nous aussi!

On doit poursuivre la recherche pour trouver des substituts efficaces aux substances chimiques agricoles. Déjà, le réseau La Coop distribue toute une gamme de produits de rechange qui, dans certaines circonstances, peuvent déjà s’avérer des options valables (biostimulants, biopesticides). Dans le domaine de la phytoprotection, le développement de l’agriculture de précision et la robotisation sont également des pistes prometteuses. Les solutions seront probablement à l’image de notre agriculture et de nos consommateurs : plurielles et variées.

Pour que les producteurs puissent intégrer ces technologies dans leurs activités de tous les jours, ils auront besoin de l’appui agronomique de conseillers qui sauront rassembler, dans une recommandation globale et économique, les données, les nouveaux produits et les équipements. Cette approche permettra l’application du bon produit, au bon endroit, au bon moment et à la bonne dose.

L’enjeu derrière le choix de nos agronomes-conseils, c’est celui de l’accès à l’innovation.

Nos agronomes et technologues sont tous formés, consciencieux, rigoureux et professionnels. Ils sont à l’affût des façons de faire novatrices et sont branchés sur les essais menés dans nos nombreux programmes et parcelles de recherche. Ils ont à cœur notre réussite. Leurs conseils nous sont précieux.

Nous le disons régulièrement : toutes les agricultures devront être mises à profit pour relever le défi de nourrir la planète dans un contexte de bouleversement climatique. Il n’y a pas d’incohérence à encourager et à soutenir l’agriculture biologique ainsi qu’à favoriser une agriculture écologiquement intensive, dont l’empreinte écologique serait réduite.

La Coop fédérée a bien l’intention de poursuivre dans cette voie afin que les Québécois, et nos clients partout dans le monde, puissent consommer nos produits agricoles en toute confiance.

Producteurs agricoles, agronomes et pesticides : un cocktail toxique? Je ne le crois pas, et ce n’est pas avec cette vision que nous ferons évoluer notre agriculture, comme nous le faisons depuis près de 100 ans.

La période des semis commencera bientôt. Mettons en pratique ce que nous faisons de mieux depuis des années : contribuer à nourrir le monde d’ici et d’ailleurs avec passion et rigueur.

Bon printemps et bons semis!

Ghislain Gervais - président

ghislain.gervais@lacoop.coop