Vision 2020, vision d'avenir

par Patrick Dupuis

Le réseau La Coop s’apprête à vivre un des plus important virage de son histoire. Le projet Vision 2020 le métamorphosera en une entité plus efficace, agile et rentable, au profit des producteurs et de leurs coopératives. Entrevue avec Ghislain Gervais et Gaétan Desroches, respectivement président et chef de la direction de La Coop fédérée.

Coopérateur : Rappelez à nos lecteurs d’où vient l’idée du projet Vision 2020 ? Et pourquoi, selon vous, est-il essentiel ?

Ghislain Gervais : Le projet résulte d’une vaste consultation réseau et d’un exercice de planification stratégique réseau qui s’est échelonné sur deux ans. Les coopératives se consolidaient déjà entre elles. Le grand constat, c’est que d’année en année, la performance financière de nos coopératives diminue et que les marges agricoles sont sous pression. Les exploitations agricoles aussi se consolident et prennent de l’expansion. Les grandes bannières aussi de l’agricole se fusionnent et mettent de la pression sur les marchés. Les producteurs s’attendent à de nouveaux services et font pression sur leurs fournisseurs, en l’occurrence leurs coopératives. Celles-ci nous demandent d’améliorer la situation. Une consolidation coordonnée devenait nécessaire, en plus d’un changement des pratiques d’affaires. Une coopérative en difficulté, c’est un patrimoine accumulé par deux ou trois générations qui se dilapide. C’est un peu perdre ce qui est notre ADN depuis plus de 95 ans. Il fallait réagir.

Concrètement, comment prendra-t-il forme sur le terrain?

GG : La première étape, c’est la consolidation des coopératives. Elle leur permettra d’atteindre la masse critique nécessaire pour réaliser les investissements qui assureront le développement de leur secteur agricole, pensons aux technologies numériques et aux outils d’aide à la décision. Grâce à de nouvelles ressources financières, elles pourront élaborer des activités structurantes et étendre leur chaîne de valeurs. Une coopérative vouée à l’agricole, de petite taille n’y arriverait pas.

GD : Dans un deuxième temps, les coops consolidées créeront, dans le secteur agricole, un partenariat avec La Coop fédérée, grâce à des actifs communs, sous la forme d’une coentreprise 50-50 (JV’s). Les coops demeureront les spécialistes du détail dans le secteur agricole, et la relation de proximité avec les membres demeurera entièrement entre leurs mains. Ce qui change ce sont  les processus derrière cette relation. Nous avons organisé un modèle d’affaires sans intermédiaire (one-step), plus agile,qui établit un lien direct aux producteurs. Un produit ne passera plus entre les mains de La Coop fédérée puis d’une coopérative avant d’arriver à la ferme.


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Que répondez-vous aux producteurs et coopératives qui manifestent des inquiétudes quant à l’avenir de leur réseau ?

GG : La principale inquiétude du producteur, c’est le maintien de sa relation avec son expert-conseil et sa coopérative. Elle ne changera pas. C’est l’arrière-boutique qu’on réorganise. Nous outillerons encore mieux les conseillers. Ils établiront des relations étroites avec les producteurs afin de les amener à gagner en efficacité. L’administration relèvera des coopératives consolidées. Le soutien qu’offre La Coop fédérée aux coopératives demeurera : services-conseils, rôle de fédération, entretien de la vie associative.

GD : Certaines coopératives craignent que La Coop fédérée prenne le contrôle de l’agricole. Ce ne sera pas le cas. Les coopératives exerceront un contrôle pratiquement plus grand que celui de La Coop fédérée.

Combien restera-t-il de coopératives agricoles au terme de l’exercice ?

GD : On compte actuellement 41 coopératives agricoles. Trois groupes importants sont actuellement en train de se former. À la fin de l’exercice il devrait y avoir 5 ou 6 grandes coopératives consolidées au Québec et une dizaine de plus petites avec peu d’impact agricole. Rappelons que Vision 2020 n’est pas un projet de La Coop fédérée, société mère, c’est un projet de son réseau, sa fédération, un projet d’avenir pour les 25 prochaines années.

Vous pouvez lire l'intégralité de cette entrevue dans l'édition de novembre-décembre du Coopérateur.

Portrait de Patrick Dupuis

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop

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