Valérien Cyr et fils : Formés pour produire et pour prendre la relève

par Étienne Gosselin

Les jeunes de la Ferme Valérien Cyr et fils sont bardés de diplômes et remplis d’expérience, ce qui augure bien pour la suite : dégager des surplus financiers, achever le transfert et investir dans une nouvelle étable. Mais chaque chose en son temps!

Deux grands-parents, un oncle, deux beaux-frères, deux belles-sœurs et quatre petits-enfants : voilà bien la ferme familiale à son summum! À l’image de la diversité de ses membres et de leurs champs d’intérêt, l’entreprise de Saint-Elzéar diversifie aussi ses sources de revenus, qui se répartissent comme suit : 82 % en production laitière, 7 % en production acéricole, 4 % en production porcine et 3 % en production céréalière. La ferme est d’une taille appréciable, avec 120 kg de quota laitier, 6400 entailles, 600 places-porcs et 120 ha en culture. Il faut du volume pour rétribuer toutes ces personnes!

La ferme, c’est maintenant David, fils de Bruno et Julie et neveu de Guymond, qui, après un diplôme d’études professionnelles (DEP) en acériculture, un diplôme d’études collégiales (DEC) en gestion et exploitation d’entreprise agricole et un stage en France, a multiplié les implications socioagricoles. C’est aussi Étienne (âgé de deux ans de plus que David), qui de son côté a fait un baccalauréat en agronomie, suivi d’un DEP en charpenterie-menuiserie. Habile avec le marteau et les technologies et ayant un intérêt pour les champs, il relève graduellement Bruno dans ce secteur de l’entreprise.

Myriane et Cindy, conjointes de David et Étienne, n’ont pas d’actions dans l’entreprise, mais participent aux réflexions stratégiques. La première, agronome et analyste en financement agricole, excelle dans le calcul des coûts et dans l’analyse des états financiers, alors que la seconde, directrice des ventes et experte-conseil en production laitière, amène ses connaissances agronomiques en alimentation animale, un gros morceau du coût de production. Notons que tous les horaires sont gérés de manière infonuagique.

C’est en avril 2014 que se sont concrétisées les démarches entamées en 2011 – rencontres avec une conseillère en transfert, un planificateur financier et un fiscaliste, rédaction de la convention entre actionnaires, etc. Appréciant le côté pince-sans-rire et le caractère entrepreneurial de son beau-frère, David a un jour proposé à Étienne de se joindre à la ferme, ce qui a enchanté ce dernier, qui ne venait pas du milieu agricole, mais avait le désir de devenir propriétaire.

Le but est donc d’augmenter le solde résiduel en produisant plus de lait – jusqu’à 125 kg de matière grasse par jour – dans les installations en stabulation entravée existantes. Déjà, les taures et les vaches taries sont hébergées dans une étable sur un second site.

L’année 2017 fut une année charnière, d’abord avec l’arrivée d’Étienne à temps plein dans l’entreprise, en mars. Ensuite, ce dernier a vu la maison qu’il venait de construire flamber complètement. La construction d’une maison bigénérationnelle (pour Julie, Bruno et les parents de Bruno) sur le site de la ferme a aussi amené de la fatigue pour tous, tout comme la construction d’un garage chauffé et d’une annexe à la cabane à sucre. En somme, il a fallu un bon travail sur les émotions et les relations interpersonnelles. Mais Bruno et Julie, qui ont cofondé la CUMA St-Elzéar, ont depuis longtemps l’habitude de gérer des perceptions, sinon des conflits, qui ne sont heureusement pas très nombreux à la Ferme Valérien Cyr et fils… et beaux-frères!

Portrait de Étienne Gosselin

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est.

0 Commentaires