Un nouveau modèle

par Céline Normandin

Crédit photo : Caroline Fournier

PÈRES D'AUJOURD'HUI : LA FAMILLE D'ABORD

Malgré des journées harassantes et des horaires difficiles, de nombreux pères de famille remuent ciel et terre pour ne pas être qu’une figure passagère dans la vie de leurs enfants. Trois jeunes agriculteurs ont décidé de mettre la famille au centre de leur vie, souvent en rupture avec ses modèles parentaux. 

En rupture avec son propre modèle d’éducation

Étienne Lessard, qui a redouté la venue de son premier enfant, en est maintenant complètement en fou. 

Il veille avec son frère à la bonne gestion de deux élevages qui combinent près de 200 vaches en lactation, sans compter les 400 ha de terres qu’ils cultivent eux-mêmes. S’il admet ne pas être celui qui en fait le plus à la maison (avec trois traites par jour, cela se comprend), il a accueilli avec joie les responsabilités liées à la paternité. « On n’est jamais vraiment prêt à être père, mais après coup, j’étais devenu fou raide! »


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Étienne prend d’ailleurs très au sérieux son nouveau rôle, car pour lui, avoir des enfants est une décision importante. « Mes parents ont divorcé quand 

j’avais 16 ans et j’ai vu ce que c’était d’être bardassé entre deux parents. Je ne veux pas faire vivre ça à mes enfants. » Sa conjointe et lui ont eu de très longues discussions sur le sujet. Étienne a hésité longtemps, mais c’est avec la conviction qu’ils partageaient les mêmes valeurs sur la famille et l’éducation des enfants qu’ils ont entrepris de fonder une famille. Si la tâche le permet, Étienne prend le temps d’emmener avec lui son petit Théo, âgé de deux ans et demi. « C’est beaucoup de surveillance et il faut penser à tout, mais avoir la chance de l’avoir avec moi, ça n’a pas de prix. »

Pour pouvoir passer plus de temps avec les enfants, Étienne a dû faire des choix quant à la manière de gérer son entreprise. Il est conscient que l’exécution de ses tâches n’est pas toujours impeccable ou que le temps pour les faire n’est plus le même. Quand il emmène Théo avec lui sur le tracteur pour donner le foin aux vaches, la tâche prend facilement deux fois plus de temps. « Finir 30 minutes plus tard que d’habitude, ce n’est pas grave. » 


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Travailleur acharné depuis qu’il est tout jeune, Étienne apprend peu à peu à ralentir. Il a dû travailler sans relâche pour éviter la vente de la ferme lorsqu’il sortait de l’adolescence. Debout tous les matins dès 4 h et couché à 20 h, il se fait remplacer pour la traite du samedi soir et du dimanche matin une fin de semaine sur deux depuis l’automne dernier. « J’aime beaucoup ça. Ça fait du bien. Je suis fatigué et j’aurais parfois le goût de me reposer, mais je vais jouer dehors et je passe du temps de qualité avec mon garçon. Il ne faut pas que je néglige ma famille. »

Après avoir redouté l’arrivée de son premier enfant, Étienne vit maintenant avec plus de confiance son rôle de père. Sa conjointe et lui attendent même un deuxième enfant et ils comptent agrandir la famille.

Portrait de Céline Normandin

QUI EST CÉLINE NORMANDIN
Détentrice d’une maîtrise en science politique, Céline est journaliste-pigiste auprès du Coopérateur. Et ce n’est pas par hasard si elle se retrouve aujourd’hui à couvrir le secteur agroalimentaire puisqu’elle a grandi sur une ferme laitière. Sa famille est d’ailleurs toujours active en agriculture. 

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