Pourrez-vous affronter une rareté de main-d'oeuvre?

par Patrick Dupuis

Johanny Bouchard, conseillère en emploi et ressources humaines au Centre d’emploi agricole de la Montérégie, et Robert Ouellet, coordonnateur à l’emploi agricole pour AGRIcarrières, ont présenté, lors d’un déjeuner-conférence organisé par La Coop fédérée le 16 janvier, les tendances et défis du marché de l’emploi dans le secteur agricole, ainsi que des solutions à la portée des producteurs agricoles.

L’enjeu est de taille pour les producteurs. Les fermes grossissent et leurs besoins en main-d’œuvre sont criants. Comment attirer des employés compétents, les former et, surtout, les retenir. 

Le vieillissement et la rareté de la main-d’œuvre sont des réalités bien ancrées. En 2014, souligne M. Ouellet, la proportion de la population âgée de 60 ans et plus au Québec dépassait celle des 15 ans et moins.

Le nombre de travailleurs actifs est en baisse, ce qui aura pour effet, prévoit le Conference Board, de ralentir la croissance économique. Le taux de chômage, à 4,9 % au Québec en décembre dernier est historiquement bas, du jamais vu en 40 ans. M. Ouellet ajoute que le boom économique que connaît le Canada favorise la baisse du taux de chômage.

Tous les secteurs d’activités économiques sont aux prises avec une rareté de main-d’œuvre, indique-t-il. Résultat : une concurrence s’installe pour l’attirer, d’où les difficultés de recruter.

Le secteur agricole n’est pas épargné. Des solutions existent : l’automatisation, l’embauche de travailleurs étrangers et de travailleurs locaux. Un diagnostic réalisé par AGRIcarrière a identifié trois défis.


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1-Attirer et diversifier les bassins de main-d’œuvre

Selon Johanny Bouchard, les jeunes, les immigrants et les personnes âgées de 55 ans et plus constituent des bassins potentiels intéressants. « Les centres d’emploi aident au recrutement de la main-d’œuvre locale, notamment en élaborant des descriptions de poste ainsi qu’en contribuant à la présélection des candidats et aux pré-entrevues. Le service Agrijob (offert par AGRIcarrières) vise le recrutement de candidats issus de la région de Montréal, dans le but de combler des emplois offerts par plus de 200 entreprises agricoles desservies par trois Centres d’emploi agricole : Lanaudière, Montérégie, Outaouais-Laurentides. L’organisme offre le transport des travailleurs.

2-Disposer de ressources compétentes

Pour qu’une main-d’œuvre évolue au sein de l’entreprise agricole, il faut assurer sa formation continue, particulièrement si elle ne provient pas du milieu agricole. Il existe pour ce faire, par l’entremise des centres d’emploi, des programmes de stages et d’intégration, informe Johanny Bouchard, ainsi que des Programmes d’apprentissage en milieu de travail.

3-Retenir la main-d’œuvre

Le roulement de la main-d’œuvre est un irritant pour les producteurs. Il y a des moyens d’y remédier, souligne la conseillère. Les Centres d’emplois peuvent intervenir auprès d’eux en proposant des méthodes de gestion des ressources humaines. L’élaboration d’une grille salariale, la rédaction d’un manuel de l’employé ainsi que la mise en place de bonnes pratiques d’intégration en entreprise en sont des exemples tangibles et efficaces.

Portrait de Patrick Dupuis

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop

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