On resserre les liens!

par Colette Lebel

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La première édition des agoras de la coopération agricole sera lancée ce mois-ci, à l’intention de tous les élus du réseau La Coop. Notez que le choix de l’appellation « agora » n’est pas innocent. Bien au contraire. L’agora, pendant l’Antiquité, c’était le lieu de rassemblement, la place principale de la cité. C’était là que le peuple se rassemblait et exerçait la démocratie. Or, c’est précisément l’idée de créer, dans chacun des territoires du réseau La Coop, un espace de dialogue, de partage et de compréhension mutuelle qui est à la base de cette nouvelle proposition de rencontre.

Depuis plusieurs années, La Coop fédérée est en reconfiguration. Sa prodigieuse croissance (résultant d’acquisitions et de partenariats), la transformation de son modèle d’affaires, les remaniements sur le plan de sa gouvernance, les changements de garde : tout a contribué à modifier profondément le visage de l’entreprise. Ce qui ne change pas, cependant, c’est que La Coop fédérée est encore une coopérative. Ce qui ne change pas non plus, c’est qu’une coopérative repose toujours sur l’engagement de ses membres.

Mais qu’en est-il donc de l’engagement des membres en 2016? Tout a tellement évolué… Dans les petites paroisses du Québec rural de l’ancien temps, on fondait une coopérative pour sécuriser son approvisionnement, apporter un peu plus de transparence dans le marché et réaliser des économies d’échelle. On était peu nombreux et on se connaissait bien. L’information circulait, de la petite meunerie jusqu’au perron de l’église. L’engagement réciproque était clair : on encourageait la coopérative, en échange de quoi on était assuré d’obtenir, dans le village, de bons services et de bons produits, à un coût avantageux.

Mais entre la petite coopérative d’Adamsville, en 1903, et La Coop fédérée d’aujourd’hui, il y a tout un monde. Nous avons investi une filière agroalimentaire qui s’est profondément complexifiée, notre territoire dépasse largement la province de Québec, et nos activités touchent bien davantage de personnes que les seuls agriculteurs. Comment désormais nourrir le sentiment d’appartenance et susciter l’engagement de la base? Comment rester près, et à l’écoute, les uns des autres?

On dit qu’il y a trois conditions essentielles à l’engagement personnel : le savoir, le pouvoir et le vouloir. Le savoir, c’est l’information pertinente, qui permet d’agir de façon utile et pertinente. Or, c’est précisément l’un des objectifs de nos agoras. On veut informer, avec tous les détails requis pour une bonne compréhension du portrait d’ensemble. Le pouvoir, c’est la capacité d’influencer les choses. Il en sera question aussi pendant les agoras. Comment le membre agriculteur, élu au conseil d’administration de sa coopérative, peut-il faire valoir son point de vue dans les grandes orientations de La Coop fédérée? Et puis il y a le vouloir. L’élu de coopérative, en région, a-t-il vraiment envie de s’engager pour le succès du grand réseau? Voilà certes des questions qui peuvent meubler quelques heures de discussion. 

La première édition des agoras sera donc l’occasion de resserrer les liens entre les élus et leurs pairs, mais aussi entre les élus et leur fédération. Et ce n’est qu’un début. On songe déjà, pour les éditions suivantes, à y inviter des membres non élus. Car en somme, le réseau La Coop, c’est l’affaire de tous les membres. Siéger au sein d’un conseil d’administration n’est pas un prérequis absolu pour avoir un point de vue intéressant sur l’avenir de nos outils collectifs.

Fidèle à son appartenance au monde coopératif, La Coop fédérée réaffirme une fois de plus sa double nature : elle est certes une grande entreprise commerciale, mais elle ne délaisse pas pour autant l’association de personnes qui forme sa base.

Avec les agoras, elle va à la rencontre de ses membres. Elle ouvre un dialogue qui se veut rassembleur et porteur d’avenir. Comme le rappelait Henry Ford avec grande pertinence : « Se réunir est un début; rester ensemble est un progrès; travailler ensemble est la réussite. » Voilà, en résumé, toute la visée des agoras de la coopération agricole.

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Portrait de Colette Lebel

QUI EST COLETTE LEBEL
Colette est agronome et directrice des Affaires coopératives à La Coop fédérée. À ce titre, elle est responsable de la formation coopérative et de l'animation de la vie associative au sein du réseau. Colette siège au conseil d’administration du Réseau en éthique organisationnelle du Québec, à l’Institut de recherche et d’éducation pour les coopératives et mutuelles de l’Université de Sherbrooke (IRECUS) ainsi qu’au Centre interdisciplinaire de recherche et d’information sur les entreprises collectives (CIRIEC-Canada).

colette.lebel@lacoop.coop

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