Valeur des terres: toujours à la hausse

par Affaires économiques

Financement agricole Canada a publié le 10 avril son rapport 2016 sur la valeur des terres agricoles. Il en ressort que la hausse de la valeur moyenne des terres agricoles se poursuit, bien que l’augmentation annuelle continue de ralentir.

En effet, après avoir augmenté de 10,1% en 2015 et de 14,3% en 2014, la valeur des terres agricoles a augmenté de 7,9% en 2016 à l’échelle nationale. Au Québec, on a enregistré une augmentation moyenne de 7,7% tandis que l’Ontario a connu sa plus faible hausse de valeur depuis près d’une décennie avec 4,4%. 


À lire aussi :
Prix des terres, pourquoi payer si cher?


Selon le rapport, dans l’est du Canada, notamment au Québec et en Ontario, l’augmentation de la valeur des terres agricoles est surtout attribuable à l’expansion des exploitations agricoles soumises à la gestion de l’offre ainsi qu’à la vigueur de la demande des terres destinées aux cultures commerciales. 

Un sondage réalisé par le groupe AGECO en janvier 2017 pour La Coop fédérée s’est penché sur le comportement d’achats des terres par les producteurs et arrive aux mêmes conclusions.

D'après les résultats de l’analyse, la plupart des producteurs achètent des terres pour le développement ou l’expansion de leur entreprise. En effet, selon le sondage, 50% des producteurs répondants achètent des terres agricoles pour augmenter leurs superficies en culture.


À lire aussi :
À qui appartient la terre?


Selon Jean Philippe Gervais, économiste en chef de FAC, la santé financière de l’agriculture canadienne continue de soutenir la demande des terres agricoles. Selon ce dernier, «certains principaux facteurs ont influencé la fluctuation de la valeur des terres en 2016 : (1) la forte demande des produits agricoles canadiens tant au canada qu’à l’étranger ; (2) des revenus stables en grandes cultures qui ont ralenti la pression inflationniste sur la valeur des terres ; (3) des transactions dans certains secteurs spécifiques comme dans la volaille et le lait ont cherché à prendre de l’expansion.» 

Toutefois, pour JP Gervais, le maintien des revenus agricoles est essentiel pour soutenir la valeur des terres dans les prochaines années. Ainsi, dans un contexte d’affaire marqué par les bas prix des produits de base et un dollar canadien faible, l’augmentation de la productivité est une des variables à surveiller.

1 Commentaires

  1. L'agriculteur doit penser son entreprise en terme de patrimoine. J'ai rédigé cette note en réaction à des publications de COOPÉRATEUR. Le patrimoine agricole familial. L’édition du Coopérateur de mars présentait en sourdine la fierté des producteurs des aliments de notre planète. Ces derniers aimeraient bien qualifier leur patrimoine agricole familiale comme leurs ancêtres le faisaient en transmettant leur ferme à leurs descendants. Mais comment saisir la valeur de son patrimoine quand Colette Lebel fait allusion que ce patrimoine peut varier toutes les 22 secondes ? Comment comprendre et surtout orienter son action à partir des principes élaborés du Président Denis Richard ? Que valent ses ristournes de la Coopérative quand Gaétan Desroches lui dit qu’ils doivent servir à préparer leur avenir ? Je dois féliciter la direction de la revue d’oser toucher cette réalité de notre agriculture moderne. Toutefois, les défis de la place du mouvement coopératif dans le concert d’une économie capitaliste débridée peuvent faire peur et en déranger plus d’un. Sans devenir l’avocat du diable, je dirais simplement que le problème deviendra énorme si nos producteurs d’aliments laissent la valeur de leur terre nourricière entre les mains des mécanismes de l’offre et de la demande. L’homme, même celui des oligopoles, ressent de plus en plus un besoin de mieux protéger les éléments essentiels au maintien de la vie sur terre. Pendant des millions d’années, nos ancêtres cueilleurs, chasseurs et pêcheurs prélevaient parcimonieusement leur nourriture dans un grand jardin. Les plantes et les animaux de leur coin de l’univers terrestre procuraient nourriture et bien-être. La grande révolution de l’agriculture remplaça graduellement l’approvisionnement en aliments du cueilleur depuis environ dix mille ans. La progression fulgurante de l’agriculture s’en suivit et elle se mua en une spécialisation des tâches des agriculteurs. Il s’ensuivit une progression fascinante d’une population humaine qui imposa ses besoins, lesquels ont donné naissance à un réseau industriel de distribution alimentaire sophistiqué et efficace. À tout moment, au cours de ce long périple, le besoin de bien lire la finalité de la nature évolua d’abord en harmonie autour de petits villages, puis en de nombreux conflits d’équilibre entre nourriture et population devenait précaire. Désormais, une longue chaîne de très nombreux intervenants permet à la terre nourricière de répondre aux besoins alimentaires de plus de sept milliards d’humains à l’intérieur des mécanismes complexes de la théorie capitaliste de la courbe de l’offre et de celle de la demande qui en se rencontrant déterminent le prix des aliments. J’invite le Coopérateur à tenter de tracer les principaux éléments essentiels à la terre nourricière, dans le temps et l’espace, afin de lui permettre de poursuivre sa destinée. Le Coopérateur doit demeurer un observateur attentif de la nature. Il devra mettre au point une éthique de sa pensée aussi bien qu’une bioéthique permettant d’assurer un gardiennage compris et réaliste des bienfaits de la nature. Il faudra défendre aux ruraux et aux urbains ces abus téméraires de gaspillage de nourriture et d’une mise en marché désordonnée qui mettent en péril les précieux équilibres biologiques et chimiques du milieu. La traditionnelle sagesse des agriculteurs, celle qui leur confie le soin de bien gérer la nature, devra être confortée par un arbitre à qui on devra confier le soin de la gestion scientifique de cette nature. Certains affirment même : « Il est déjà trop tard! » Les personnes qui comprennent la nature et les autres qui doivent se conscientiser à cette nouvelle réalité sont conviées à la grande table d’une morale de gestion du milieu et du vivant sur terre. Cette recherche de nouveaux équilibres entre l’homme et son milieu tarde à venir. La pression économique ne sait pas toujours reconnaitre cette urgence. Espérons que les Coopérateurs de notre monde sauront endiguer les méfaits de Wall Street. Pour ce faire, les agriculteurs, devenus minoritaires dans leur milieu, doivent inviter les politiciens à mettre sur la place publique leur lecture de la vie sur terre. Même le pape François y va de son grain de sel en ce qui concerne la protection humaine de l’environnement avec Laudate. Ainsi, un dialogue fructueux viendra à bout des tabous des urbains et saura satisfaire tous les intervenants qui comprennent mieux la place de l’Homme dans la Nature. C’est avec cette optique esquissée à grands traits que l’agriculteur d’aujourd’hui doit chercher à satisfaire tous les intervenants de la chaîne alimentaire en ces termes modernes comme étant son réel patrimoine agricole familial. Claude André St-Pierre, Agronome claude.andre.st.pierre@videotron.ca Le 27 février 2016 Les trois articles du Coopérateur (pages 8 à 12) auxquels je fais allusion dans ma petite note. https://issuu.com/lecooperateuragricole/docs/final_cooperateur_mars_2016-2/1