Libre-échange Canada-UE, c'est commencé!

par La rédaction

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C’est le 21 septembre qu’entre en vigueur, de façon provisoire, l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne (UE).

L’ouverture du marché européen représente un accès privilégié à un bassin de 500 millions de consommateurs.

En 2016, les exportations bioalimentaires du Québec vers l’Europe se sont chiffrées à 415 millions $, indique le MAPAQ. Développer les exportations vers ce continent fait partie des priorités du gouvernement pour le secteur bioalimentaire, indique Michel Audet, délégué général du Québec à Bruxelles.

« Avec l'AECG, les entreprises bioalimentaires québécoises bénéficieront immédiatement d'une exemption des droits de douane pour près de 94 % des tarifs de l'UE sur les produits agricoles, soutient le ministre Laurent Lessard, ce qui procurera aux exportateurs canadiens un avantage par rapport à leurs concurrents se trouvant dans des pays n’ayant pas conclu d’accord de libre-échange avec l’UE. »


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Une période de cinq ans

L’élimination complète des tarifs, de même que l'entrée des 17 700 tonnes de fromages industriels et artisanaux européens, se feront graduellement au cours des cinq prochaines années, dit le délégué général du Québec. 

Même si le ministre Lessard « entend consacrer ses efforts à soutenir l'économie laitière québécoise et à défendre les entreprises qui seront touchées », les compensations promises par le gouvernement fédéral – 350 millions $ au total –, pour les producteurs et transformateurs canadiens, inquiètent de nombreux acteurs de l’industrie.

« 17 700 tonnes d’ici cinq ans, c’est huit fois la production de notre fromagerie, indique Nathalie Frenette, directrice générale d’Agrilait, visiblement inquiète et déçue. Du montant des compensations, 100 millions $ sur cinq ans iront aux distributeurs et détaillants (50 %) et aux transformateurs (50 %, soit 20 % pour les grands et 30 % pour les petits, dont Agrilait fait partie), afin de les aider à moderniser leurs infrastructures. C’est peu. »

Les producteurs laitiers canadiens, eux, toucheront 250 millions $, aussi pour les appuyer dans leurs efforts de modernisation. Ce programme de soutien a toutefois fait des mécontents. En effet, les compensations maximales offertes, selon certains, ont été trop rapidement atteintes, en raison du nombre élevé de projets déposés par les producteurs.

Opportunités et menaces

Michel Audet convient que dans tout accord de commerce il y a des opportunités et des menaces. « L’AECG ouvrira de nouveaux marchés aux exportateurs canadiens de produits agricoles et agroalimentaires dans l’UE », exprime-t-il avec confiance.


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Les producteurs de porc, de bœuf et de blé, par exemple, exporteront leurs produits en Europe. « Nous sommes très avancés au chapitre des normes exigées en usines, déclare Réjean Nadeau, président-directeur général d’Olymel, dans une entrevue accordée au Coopérateur. « Nous sommes donc sur le point de pouvoir exporter [du porc] sur le Vieux Continent. Ce ne seront pas des quantités énormes, mais c’est un pas dans la bonne direction. »

Et, dans un cas comme dans l’autre, des contingents tarifaires s’appliqueront sur tout tonnage supplémentaire une fois atteints ceux prévus dans l’accord.

Sur l’Europe, le premier marché pour les exportateurs québécois, toutes productions confondues, agroalimentaires ou non, c’est la France. Une cohorte de pays suit : Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne, Italie, Espagne, Belgique, Luxembourg.

Avantages concurrentiels

Le Québec bénéficie d’un incroyable capital de sympathie dans ces marchés, souligne Michel Audet. Pensons aux produits de l’érable, petits fruits et produits de la mer. Soumis à des tarifs douaniers très élevés, ils bénéficieront, avec la mise en vigueur de l’AECG, d’un avantage compétitif.

De tout notre commerce international, 71 % se fait avec les États-Unis, 12 % avec l’Europe et, loin derrière, avec la Chine, le Mexique et d’autres pays.

« Notre commerce avec les États-Unis, en proportion de nos exportations extérieures, diminue, un peu au profit de l’Europe, mais beaucoup au profit de la Chine, informe M. Audet. Le Québec et le Canada doivent diversifier leurs zones d’exportation. Avec ce qui se déroule aux États-Unis, il importe d’ouvrir d’autres fronts, dont celui de l’Europe. »

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