Dispute commerciale É.-U. - Chine?

par Affaires économiques

Crédit photo : 123rf

Précisons d’entrée de jeu qu’aux récentes Perspectives de l’agroalimentaire du département américain pour l’agriculture à Washington, l’importance de la relation commerciale entre les États-Unis et la Chine a été soulignée quasi unanimement par les panélistes et particulièrement par le gouverneur de l’Iowa, nommé ambassadeur des États-Unis en Chine.

Rappelons que le commerce entre les États-Unis et la Chine est important. En 2016, les exportations vers la Chine ont totalisé 115 milliards $US tandis que les importations vers les É.-U. se sont élevées à 462 milliards $US. Une balance commerciale donc largement déficitaire en défaveur des États-Unis.

Dénonçant ces déficits, la nouvelle administration a annoncé une série de mesures commerciales possibles, dont une augmentation de 45 % des tarifs douaniers sur les importations chinoises.


À lire aussi :
La bataille du lait surit les relations Canada - É.-U.


Dans un de ses rapports, Rabobank a élaboré des scénarios considérant la probabilité d’une escalade commerciale É.-U. Chine, et son impact sur les marchés agricoles. Les principaux produits qui seraient affectés seraient le soya et le porc, selon l’étude.

Ainsi, une augmentation de 45 % des tarifs douaniers sur les importations chinoises pourrait conduire à une hausse de 20 % du prix du soya en Chine ainsi que dans les pays producteurs en Amérique latine. Dans un tel scénario, l’institution financière anticipe aussi une légère augmentation des prix du soya à la bourse de Chicago.

Dans le porc, l’écart serait comblé par une hausse des exportations de l’Union européenne (UE) et de l’Amérique du Sud vers la Chine, précise Rabobank. Toutefois, la production de porc de l’UE devrait diminuer de 1,5 % cette année, limitant ainsi sa disponibilité à court terme. Le Brésil, quant à lui, devrait augmenter ses exportations de porc vers la Chine. Cependant, la reprise du marché intérieur brésilien ralentirait son taux d’exportation. Le porc canadien serait donc bien positionné dans un tel scénario.

Dans l’ensemble, si un tel différend commercial devait se produire, les importations totales de porc de la Chine pourraient diminuer, non seulement en raison de la baisse des exportations des États-Unis, mais davantage en raison de la hausse des prix sur le marché mondial, conclut Rabobank.

 

0 Commentaires