Avant d’investir, faites des calculs

par La rédaction

L’investissement dans de l’équipement neuf, des services ou la diversification, par l’ajout d’une activité à valeur ajoutée, peut améliorer les résultats d’une exploitation agricole. Toutefois, cela pourrait aussi menacer sa viabilité, si l’entreprise n’est pas en parfaite santé financière.

Le meilleur moment pour intégrer une activité à valeur ajoutée est quand les choses vont bien. Pourquoi? Parce que cela prendra souvent deux fois plus de temps et coûtera deux fois plus cher que prévu.

« Si vous comptez investir de grosses sommes dans des actifs comme le quota, de nouvelles installations, des terres ou même un projet de diversification, vous avez tout intérêt à demander à votre conseiller financier d’élaborer une projection pour déterminer si l’idée proposée génèrera bel et bien des flux de trésorerie », indique Roger Mills, conseiller en gestion agricole à Steinbach, au Manitoba.

D’abord, cette projection contient les chiffres dont vous avez besoin pour déterminer s’il s’agit d’un investissement judicieux. Ensuite, votre prêteur vous saura gré de prendre le temps d’appuyer votre proposition sur des recherches avant de contracter de nouvelles dettes. Roger Mills ajoute : « Les producteurs ne devraient jamais consacrer plus de 30 % de leur revenu brut au service de la dette – et idéalement, ce devrait être moins de 28 %. »

Une expansion visant à réduire les coûts grâce à des économies d’échelle n’a pas toujours un effet positif sur le résultat net. Même s’il est possible de réaliser des économies d’échelle en agriculture, celles-ci sont nettement surestimées par rapport au niveau d’expansion généralement envisagée, souligne Brent Gloy, économiste spécialisé en agriculture et collaborateur à AgEconomists.com.

Une augmentation de 10 % de la superficie de la ferme n’améliorera pas beaucoup votre structure de coût. Et si vous n’avez pas déjà une structure de coût peu élevé pour la taille de votre exploitation, une expansion aggravera probablement les choses.

 

Calculez votre ratio des dépenses d’exploitation

Le calcul du ratio des dépenses d’exploitation est très utile pour établir si le moment est propice à l’investissement. Il est facile d’obtenir votre ratio si vous connaissez précisément vos coûts réels : divisez le montant de vos dépenses totales par votre revenu brut. « Le ratio des dépenses d’exploitation d’un producteur hautement efficace pourrait être de 50 % à peine », explique Roger Mills.

« Je constate qu’il est de plus en plus difficile pour les producteurs moyens de maintenir un ratio de 60 % ou moins, ajoute-t-il. Si les salaires et les retraits personnels se situent autour de 12 % et que le ratio se situe à 60 %, il ne reste que 28 % pour le remboursement de la dette. » Une exploitation dans cette situation paie tout juste ses frais et ne génère aucun profit.

(Lorne McClinton, AgriSuccès)

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