ALENA : scénario pour le secteur laitier

par Affaires économiques

La semaine dernière, le ministre canadien de l’Agriculture, Lawrence MacAulay, et le secrétaire général du USDA, Sonny Perdue, se sont rencontrés à Toronto. Évidemment, le secteur laitier a été un des enjeux abordés par M. Perdue qui le décrit comme « un problème important à résoudre » dans la modernisation de l’ALENA.

Dans l’une de ses récentes études, Rabobank s’est intéressée l’ALENA et l’impact sur le commerce des produits laitiers entre les trois pays partenaires : Canada, États-Unis et Mexique.

L’institution bancaire reconnait la forte intégration des économies nord-américaines, y compris dans l’agriculture et plus précisément le secteur laitier. Si le Mexique est la deuxième destination des exportations américaines de maïs, il est aussi la destination de 32 % des exportations de produits laitiers en 2016. Ensemble, le Mexique et le Canada représentent 45 % des exportations américaines de produits laitiers.


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Par ailleurs, précisons que les États-Unis exportent environ 15 % de leur production laitière. Et pour certains États, tels que la Californie, le Wisconsin, le Michigan et New York, ce pourcentage varie entre 20 à 30 %, selon l’étude. Il semble donc clair qu’un virement des flux commerciaux aura un impact économique difficile sur les revenus et les emplois des États concernés aux États-Unis.

Rappelons que le Québec a d’excellentes relations commerciales avec le Mexique. Le gouvernement mexicain est conscient de ses options en ce qui touche le secteur agricole, et explore déjà des possibilités de s’approvisionner auprès des pays exportateurs de lait comme la Nouvelle-Zélande et l’Australie.

L’industrie laitière américaine dépend aussi fortement de la main-d’œuvre en provenance du Mexique. Selon une enquête nationale auprès des travailleurs agricoles aux États-Unis, plus de 50 % de la main-d’œuvre laitière américaine provient du Mexique. Considérant un scénario de fin de l’ALENA, les États-Unis verraient une augmentation de 5 à 7 % de leurs coûts de production dans cette industrie.


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La Rabobank s’attend néanmoins à un scénario de « renégociation douce » de l’ALENA. Dans cette hypothèse, pour la partie canadienne, l’institution anticipe une demande de concessions par les États-Unis pour avoir un meilleur accès au marché canadien des produits laitiers. Toutefois, si accordées, ces concessions sont susceptibles d’être faibles, précise Rabobank.

Dans un tel scénario, le prix du lait canadien qui reprend de la vigueur depuis quelques mois pourrait être sous pression.

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