Volailles: gare au froid!

par Patrick Leclerc

Pour contrôler la température et l’humidité dans vos bâtiments, rien de tel que de bons instruments de mesure, et votre fidèle « pifomètre »!

Avec les nouvelles générations d’hygromètres, thermomètres et autres systèmes de contrôle, on peut programmer pratiquement n’importe quels paramètres de ventilation, mais rien ne remplacera l’intervention humaine.

Température et autres paramètres

Les oiseaux d’élevage ont un muscle de poitrine très volumineux. En 1957, la poitrine représentait 11,5 % de la carcasse, aujourd’hui, c’est plus de 25 %.

Cette masse supplémentaire dégage beaucoup de chaleur. Pour être confortables, les poulets exigent plus d’oxygène et une bonne circulation d’air. Il est donc nécessaire de conserver une pression statique constante de 0,08 à 0,12, selon la largeur du bâtiment, et sans courant d’air.

Les oiseaux sont hyper performants pour transformer la moulée. Pour que leur génétique s’exprime de façon optimale, il faut plus qu’un bon contrôle de la température.

Les niveaux d’humidité relative (HR), de dioxyde de carbone (CO2) et d’oxygène (O) doivent être adéquats.

L’été, il est plus simple de contrôler ces paramètres, car les trappes de ventilation ne sont pas gelées et l’air qui entre est plus facile à contrôler.

L’humidité

L’hiver, c’est l’humidité qui cause le plus de difficulté dans les bâtiments. Elle a une influence directe sur la température que les oiseaux ressentent.

Plus l’humidité est élevée, plus les oiseaux ressentent la température plus élevée qu’elle ne l’est en réalité. Mais il faut savoir que l’air agit comme une éponge. Plus on la chauffe, plus elle absorbe de l’eau. Ainsi, chauffer l’air de nos bâtisses assèche la litière et le milieu ambiant. En revanche, l’humidité augmente et la température ressentie par les oiseaux aussi.

Pour ne pas perdre le contrôle de l’humidité, il faut s’assurer d’une bonne ventilation minimale en continu, de l’ajustement d’une courbe moteur adéquate et d’une ouverture (environ ½ à 1 po) des volets des ventilateurs.

Pour évacuer l’eau, qui provient en grande partie de la respiration des oiseaux, des fientes ou de lignes d’eau mal ajustées, il faut chauffer. Une fois toute cette eau en suspension dans l’air, on la fait sortir du poulailler. C’est là que la ventilation intervient!

Le gaz carbonique

L’air est composé d’environ 21 % d’oxygène et de 350 ppm de gaz carbonique. Dans un poulailler, nous voulons maintenir des paramètres semblables pour l’oxygène. Pour le CO2, étant donné le nombre important d’individus dans un endroit confiné, on cherchera à conserver le niveau de CO2 le plus bas possible, et en deçà de 3000 ppm. Passé ce seuil, les oiseaux seront amortis.

L’hiver, le défi est d’avoir un niveau de CO2 adéquat sans chauffer excessivement. La seule façon d’évacuer le gaz carbonique du bâtiment, c’est de ventiler. Or on sait qu’en hiver, l’air froid exige que l’on chauffe davantage.

L’oxygène

Entre-ouvrir la prise d’air et maintenir la ventilation en fonction crée un apport d’oxygène. Une pratique intéressante est de faire des « flushs » d’air, c’est-à-dire ouvrir la prise d’air un peu plus grande et ne pas ralentir les ventilateurs. Cela fera chuter la pression statique et laissera entrer de l’air frais saturé d’oxygène. L’opération ne devrait pas durer plus que 5 à 10 minutes.

Pour fournir un environnement sain et confortable à nos oiseaux, de bons systèmes de contrôle et l’application de principes de chimie et de physique simples sont des atouts indéniables. Sans oublier votre fidèle « pifomètre »!

Lire l’article complet dans le numéro de janvier-février 2017 du Coopérateur.

Portrait de Patrick Leclerc

QUI EST PATRICK LECLERC
Patrick est conseiller spécialisé poulets à La Coop fédérée.

patrick.leclerc@lacoop.coop

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