Ventilation: une pouponnière fermée qui fonctionne

par André Roy

Photo : Système à extraction basse. La pouponnière comprend une grande section de litière, une fenêtre et le type de barrière utilisée.

La conception d’une pouponnière doit répondre à plusieurs critères – espace par veau, règles de changement d’air selon la saison, disposition permettant facilement un nettoyage partiel ou complet –, le tout selon les besoins en sujets de remplacement de la ferme.

Des choix de gestion doivent se faire lorsqu’on pense à une nouvelle construction ou à un agrandissement: élevage en groupe ou individuel; pouponnière chaude ou froide; ventilation naturelle ou forcée.

Même si on entend parler d’élevage en groupe avec alimentation automatisée et ventilation à pression positive, on peut élever des génisses saines en pouponnière fermée chaude, en groupe ou individuellement.

À l’été 2015, Sébastien et Clément Saindon, de la Ferme Saindon, réaménageaient leur étable pour y installer un robot de traite. Ils savaient qu’ils devaient modifier l’environnement des veaux qui, logés tout au bout de l’étable, respiraient en hiver l’air vicié par les vaches, ce qui entraînait des problèmes de santé. Il décide donc de construire une pouponnière.

D’une superficie de 10,4 m sur 10,7 (34 pi sur 35), la pouponnière peut accueillir jusqu’à 24 veaux en deux groupes alimentés automatiquement.

Les solutions de ventilation adoptées

À la ferme Saindon, les solutions sont multiples et permettent de combler les besoins d’une ventilation constante en hiver, avec un minimum de quatre changements d’air par heure, et d’une ventilation forcée en été, qui fait circuler l’air sans créer de courants d’air (voir le schéma).

Même si le plafond diffuseur est utilisé toute l’année pour assurer la circulation de l’air partout dans la pouponnière, il est particulièrement utile de l’automne au printemps. De l’air frais passe par le local du compresseur du refroidisseur de lait et des panneaux électriques.

L’air sèche et se réchauffe avant qu’un ventilateur le pousse dans la pouponnière, créant ainsi une pression positive constante. Un système de chauffage électrique commandé à l’aide d’un thermostat supplée le tout lorsque la chaleur du compresseur ne suffit pas. [photo perspective de la pouponnière, du plafond diffuseur et des fenêtres].

Avec la traite robotisée, le compresseur fonctionne presque constamment. La vitesse du ventilateur du local du compresseur se commande manuellement; il peut ainsi servir à déplacer l’air dans la pouponnière, particulièrement à l’automne et au printemps.

Un système d’extraction basse dissimulé dans le mur permet de retirer l’ammoniac à longueur d’année. La boîte de commande assure une ventilation minimale, même lorsque la consigne de température est atteinte.

Par la suite, un ventilateur (de 16 po) à vitesse variable réagira à la température intérieure selon le réglage du différentiel, qui lui permet de s’ajuster graduellement. Du printemps à l’automne, deux ventilateurs de 25 po répondent aux besoins accrus de gestion de la température et d’élimination de l’air vicié. En hiver, ces ventilateurs sont isolés pour éviter l’entrée d’air froid.

Comme l’air du plafond diffuseur provient du local du compresseur – de l’air chaud –, une seconde entrée d’air à commande automatique permet un apport d’air provenant de l’étable à vaches adjacente, ce qui assurera la ventilation de la pouponnière lors de la saison chaude.

Même si c’est de l’air « vicié » en provenance de l’étable qui entre dans la pouponnière, les entrées d’air de l’étable étant ouvertes à cette période de l’année, il se produit plus de quatre changements d’air « frais » à l’heure.

Plusieurs principes

Le système de ventilation de la pouponnière des Saindon rassemble plusieurs principes (extraction basse, plafond diffuseur, pression positive, chauffage et ventilation forcée) pour offrir une complémentarité selon les saisons.

Trop souvent, l’extraction basse ne consiste qu’en l’ajout d’une boîte en bois pour recouvrir un des petits ventilateurs. Le problème, c’est que cette boîte est trop mince et pas assez large, ce qui restreint la capacité réelle du ventilateur.

À la Ferme Saindon, une boîte de 30 cm (12 po) de profondeur et de 1,2 m de hauteur extrait l’air provenant d’une vingtaine de tuyaux de 15 cm, qui montent dans le mur et se connectent à la boîte d’extraction reliée au ventilateur central (voir le schéma).

Le plafond diffuseur fonctionne bien en hiver, mais sera insuffisant en été. Le calcul du nombre et de la grandeur des trous s’effectue plus facilement lorsqu’on veut combler les besoins d’une saison plutôt que de quatre. Le principe de pression positive avec de l’air frais est respecté, avec l’avantage supplémentaire qu’il amène de l’air sec et réchauffé.

Physiquement, il faut intégrer ces systèmes et aménager la pouponnière près du local du compresseur. Ce n’est pas toujours possible. Et il est parfois difficile de profiter du fonctionnement du compresseur presque à longueur de journée. Avec un système à deux traites, un chauffage d’appoint doit faire partie de la solution, comme dans ce cas-ci.

Après 10 mois d’utilisation de la nouvelle pouponnière, Sébastien remarque une facilité de travail et une santé accrue : « Une seule petite pneumonie, au lieu de génisses qui toussaient quasi régulièrement de l’automne au printemps. »

Vous pouvez lire l’article d’André Roy sur la ventilation des pouponnières dans le Coopérateur de novembre-décembre 2016

Portrait de André Roy

QUI EST ANDRÉ ROY
Détenteur d'une maîtrise en nutrition animale de l'Université Laval et membre de l'Ordre des agronomes du Québec, André est nutritionniste en production laitière à La Coop fédérée.

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