Un protecteur d’azote : c’est bon pour le maïs et l’environnement

par La rédaction

Photo : Stades d’application des protecteurs d’azote en fonction de la gestion du risque.

L’azote est l’élément nutritif le plus utilisé dans la fertilisation du maïs. Du semis au remplissage des grains, le plant de maïs consomme l’azote sous différentes formes afin de subvenir à ses besoins de croissance. Cependant, la période d’application de l’azote est souvent décalée dans le temps par rapport aux besoins de la plante. Voici comment conserver le maximum d’azote disponible pour la plante, sans s’exposer aux risques de perte par volatilisation, lessivage et dénitrification.

 

Volatilisation

Premièrement, la volatilisation de l’azote survient lorsque l’on applique de l’urée à la surface du sol sans l’y incorporer. Une enzyme présente à la surface du sol, nommée uréase, transforme l’urée en ammonium (NH4+). Cette réaction libère un gaz et génère une perte d’azote dans l’atmosphère.

Cependant, s’il pleut dans les quatre jours suivant l’application de l’urée, cette dernière sera incorporée au sol, ce qui limitera les pertes potentielles.

 

Lessivage et dénitrification

Maintenant que notre urée est dans le sol, est-elle en sécurité? Non, car l’urée incorporée au sol subit le même processus et est transformée en NH4+ . Comme cette réaction a eu lieu sous le sol, aucune perte par volatilisation ne survient. Bonne nouvelle! L’azote est maintenant sous la forme ammonium NH4+, soit la plus stable dans le sol. Le sol chargé négativement attire les ions NH4+ comme un aimant et les garde en sécurité.

Toutefois, un groupe de bactéries, les Nitrosomas, s’active en présence d’azote sous la forme NH4+ et le transforme en nitrate NO3, la forme la plus à risque sur le plan environnemental. Les nitrates chargés négativement ne peuvent s’agripper au sol, qui, lui aussi, est chargé négativement. Le risque s’accentue lorsqu’une pluie abondante survient : les nitrates sont alors évacués vers le drain par l’eau du sol. C’est ce qu’on appelle le lessivage. Si le sol (notamment un sol lourd) devient saturé en eau, les nitrates se transforment en gaz N2 et se libèrent dans l’atmosphère, ce qui cause des pertes par dénitrification.

 

Bonne gestion de l’azote

Le fractionnement est la meilleure option pour bien gérer l’azote dans la culture du maïs. Cependant, les contraintes de la météo ne permettent pas une fenêtre d’application optimale. Cela oblige à devancer la période de fractionnement et met l’azote à risque quant à la période de consommation active par le plant de maïs. L’utilisation d’un protecteur d’azote étire la période de fractionnement tout en maintenant l’azote dans le sol, au niveau du système racinaire. L’utilisation d’un protecteur d’azote devient un outil de gestion intéressant.

 

Quelle forme d’azote protégée faut-il utiliser?

N-Coop

L’azote protégé N-Coop offre le meilleur des deux mondes lorsqu’il est appliqué sur le sol. N-Coop est une source d’urée protégée contre la volatilisation et qui, par la suite, maintient l’azote sous la forme NH4+ pendant la période de risque de lessivage. Ainsi, lorsque votre maïs entre en croissance, il utilise un maximum d’azote disponible pour combler ses besoins et maintenir le rendement, ce qui réduit du même coup les risques de perte d’azote dans l’environnement.

 

Azote liquide avec N-Forced Plus

Si vous fractionnez votre azote avec de l’azote liquide, l’ajout de N-Forced Plus à votre solution azotée ralentira la conversion de l’ammonium (NH4+) vers la forme lessivable nitrate (NO3). Votre azote sera ainsi disponible lorsque votre maïs en aura besoin, et vous serez moins susceptible d’en perdre lors de la période de risque de lessivage.

 

Azote FRN

Dans le cas où votre gestion du temps ne vous permettrait pas de fractionner l’azote, l’azote FRN est tout désigné pour vous. Le FRN consiste en des granules d’urée enrobés d’un polymère biodégradable. Vous l’appliquez en présemis incorporé, et le polymère va se dissoudre en fonction de la température du sol et de l’humidité, pour libérer 80 % de l’azote environ 56 jours après le semis. Votre azote est ainsi protégé lors du risque de lessivage intense et disponible pour le maïs au bon moment.

(Texte de François Labrie, agronome, conseiller agronomique et Pascal Larose, agronome, conseiller Elite-Maizex, Sollio Agriculture)

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