Un OVNI dans l'OVIN!

par Étienne Gosselin

Crédit photo : Étienne Gosselin

Dominic Sansoucy élève, sans méthode de désaisonnement, deux races d’ovins. Portrait d’un mouton noir de la production ovine!

C’est dans l’ancienne étable laitière à ventilation naturelle, construite en 1999 et convertie aux ovins en 2006, que sont élevés les moutons d’exception de la Ferme Léoflora, située à Marieville.

Les 120 brebis North Country Cheviot de la ferme représentent le plus grand troupeau pur-sang au Canada, et les 36 brebis Oxford le plus grand troupeau de cette race au Québec.

Le nombre restreint de brebis élevées par l’entreprise est compensé par la valeur ajoutée que génère la vente de sujets de haute génétique.

La moitié des revenus proviennent de la vente de sujets reproducteurs, l’autre moitié de la vente d’agneaux pour la viande.

Pourquoi l’Oxford, cette grande race à la toison abondante? « C’est une race méconnue qui me permet de me démarquer plus rapidement dans les expositions agricoles que parmi des éleveurs de Suffolk ou de Hampshire, justifie Dominic. Elle offre un bon gain de poids sous la mère et à la mangeoire. »

Les animaux sont alimentés d’une ration bien équilibrée et produite à bas coût. « Alimenter les animaux avec de l’ensilage de maïs permet de gagner des points lors des expositions agricoles, estime Dominic Sansoucy. L’effet de l’ensilage sur le développement est bien visible, en comparaison avec une ration de foin et de céréales. »

Précisons que 90 % du chiffre d’affaires de la ferme vient des 300 ha de grandes cultures – maïs-grain, soya et orge. Du foin et du maïs-ensilage sont aussi cultivés pour nourrir les bêtes.

Les 10 % restants génèrent toutefois le salaire de Dominic, les grandes cultures permettant de payer les coûts fixes et variables.

La ferme mise sur la race North Country Cheviot, que Dominic Sansoucy considère comme la plus paternelle (ou terminale) des races maternelles. Pas particulièrement prolifique – l’éleveur a tout de même fait passer son nombre moyen d’agneaux sevrés par agnelage de 1,5 à 1,7 depuis 2006 –, la Cheviot se distingue par sa rusticité exceptionnelle.

Toujours alertes, voire nerveuses, les brebis engendrent des agneaux vigoureux, qui croissent rapidement. En prime : Dominic Sansoucy juge que la race est gage d’animaux au système respiratoire résistant.

Fanatique de génétique

Le tondeur de moutons David St-Onge voit chaque brebis passer entre ses mains au moins une fois par année. « C’est un troupeau exigeant pour le tondeur, car les animaux sont gros et forts. On ressent leur qualité bouchère, car ils sont bien nourris. Leur laine en dit long sur leur alimentation, car elle est propre et de bonne qualité. »

« Dominic est posé et réfléchi, estime Annie Daignault, médecin vétérinaire de la Clinique vétérinaire de Saint-Césaire. Il a un œil critique, dû à son passé en production laitière L’état de chair, la conformation, la santé : ici, rien n’est problématique! »

Il y a deux ans, Kevin Fontaine, des Fermes Keger, à Saint-Liboire, a acheté une quarantaine de sujets Cheviot auprès de Dominic Sansoucy. « Cette race demande peu  d’attention », estime Kevin Fontaine, qui a d’autres dossiers à gérer, lui qui élève aussi du bœuf Piémontais, des porcs et des lapins, le tout transformé à la ferme dans une salle de découpe. « J’ai acheté un bon volume de brebis pur-sang d’un coup, ce qui a grandement facilité mon démarrage », évalue l’éleveur.

« C’est gratifiant que mes animaux aident d’autres producteurs à démarrer rapidement et facilement en production ovine. » À démarrer rapidement et facilement… et sans souci!

Lire la version complète dans le Coopérateur de novembre-décembre 2016.

Portrait de Étienne Gosselin

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est.

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