Tendances porc

par Patrick Dupuis

Vision d’avenir, tendances… bienvenue dans l’élevage porcin de demain!

Bonne nouvelle! « Le porc est la viande la plus consommée dans le monde, représentant 36 % de la consommation totale de viande », indique l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

The Pig Site nous apprend que c’est l’Asie qui en consomme le plus. La Chine accapare le quart du commerce mondial du porc. Et sa classe moyenne devrait doubler dans les 15 prochaines années, ce qui augmentera la demande.

L’avenir s’annonce radieux? Pas si simple!

1. Gestion et production

Les fermes porcines se spécialisent et grossissent. « Ces entreprises permettent d’y acheminer plus de porcelets, pour optimiser le transport des animaux et l’approvisionnement en moulées, indique Marquis Roy directeur technique, production porcine, chez Olymel. Les producteurs américains ont déjà implanté ces structures efficaces. »

Travailler seul, hors d’un réseau ou d’une chaîne de valeur, sera difficile, voire périlleux. « On ne peut produire sans penser aux exigences des consommateurs », dit-il. Dans une filière, même modeste, une entreprise peut s’en tirer, car la richesse est partagée.

La productivité par truie est en hausse constante. Nous sommes à l’aube d’une moyenne annuelle de 35 porcelets, et on envisage plus de 40, selon le spécialiste.

Mais plus les porcelets seront nombreux, plus ils risquent d’être vulnérables. La qualité de la viande pourrait en souffrir. On doit éviter cette corrélation négative. Il faudra sélectionner des truies qui posséderont plus de tétines et dont le corps sera forcément plus long, ce qui forcera à allonger les cages de mise bas…

La tomographie assistée par ordinateur (CT scan) décèlera chez un animal vivant le contenu de muscle et de gras, afin de maximiser les performances et la qualité des porcs. On sélectionnera aussi des animaux calmes, ayant moins de déviances de comportement.

Tout ce qui cause douleur et inconfort disparaîtra : marteaux de tatouage, castration chirurgicale, taille des queues, etc. Les bâtiments et équipements devront être adaptés aux nouvelles exigences. La cage de mise bas n’existera sans doute plus.

La génomique et l’édition de gènes à l’aide de la technologie CRISPR permettront de développer une résistance au SRRP. Ces porcs seront-ils acceptés par les consommateurs? L’Union européenne a indiqué que les aliments issus d’animaux ayant fait l’objet de nouvelles techniques de sélection biotechnologiques seront considérés comme des OGM et donc sévèrement réglementés.

L’utilisation décroissante d’antibiotiques, voire leur élimination, contraindra l’agriculture à maximiser la biosécurité des élevages, qui deviendront des zones archisécurisées, détachées de la population. Les barrières physiques installées entre les fermes et la population obligeront à trouver d’autres moyens de contact entre le public et l’agriculture.

La génomique identifiera, dans l’ADN des porcs, les gènes de résistance aux maladies, favorisant la création de nouvelles lignées.

L’exploitation porcine sera intelligente et dotée de multiples capteurs. Les porcs, munis d’une puce, seront identifiés chaque fois qu’ils se présenteront à la trémie et à l’abreuvoir. Leur consommation et leur poids seront mesurés, pour favoriser leur expédition dans la strate optimale. Ils se verront également administrer, sans aiguille, vaccins ou autres substances.

Les capteurs de mouvement, la reconnaissance faciale et vocale, et l’imagerie 3D décèleront les changements dans le niveau d’activité des animaux.

2. Alimentation

Avec l’alimentation de précision et la « nutrigénomique », la conversion alimentaire, actuellement entre 2,5 et 2,6, passera sous la barre de 1,7, prédit Marquis Roy.

L’usage d’enzymes accroîtra la digestibilité d’ingrédients et plantes non comestibles pour nous, afin de réserver maïs, soya et céréales aux populations humaines.

3. Transformation

Des robots effectueront les tâches manuelles dangereuses et fastidieuses et celles demandant une précision élevée et constante.

L’offre de produits sera mieux adaptée aux besoins des consommateurs. La traçabilité en temps réel sera un élément clé des maillons de la chaîne de valeur – vétérinaire, producteur, transformateur, détaillant. La technologie Blockchain en sera le cœur.

Lire l’article complet dans l’édition d’octobre 2018 du Coopérateur.

Portrait de Patrick Dupuis

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop

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