Rigueur en vigueur : Ferme Luko

par Étienne Gosselin

En ces temps de rigueur budgétaire chez nos gouvernements, qu’en est-il dans une ferme porcine de Portneuf? Rigueur, rigueur, rigueur!

Quand ce n’est pas la Ferme Luko, c’est Coporc 2000 qui s’inscrit dans le groupe de tête des meilleures fermes d’engraissement du réseau La Coop. Mais Luko ou Coporc 2000, c’est bonnet blanc et blanc bonnet, car les deux mêmes propriétaires sont derrière ces entreprises performantes : les Cossette, père et fils. Éloge de la rigueur, éloge de la régularité!

Producteurs de porc à Saint-Ubalde, Luc et Éric Cossette disposent de cinq bâtiments d’engraissement identiques de 1000 places-porcs, pour un total de 5000. Trémies-abreuvoirs, plancher latté aux deux tiers, entrée danoise simple, plastique et béton partout : rien de flamboyant, des infrastructures devenues la norme. Les dernières années ont été éprouvantes pour les producteurs de porcs. Comment Luko et Coporc 2000 ont-elle traversé la tempête?

Une partie de la réponse se trouve dans la canette de peinture. Éric Cossette l’utilise pour marquer ici un animal à surveiller, là un porc prêt à expédier qui aurait échappé au triage. Observer et intervenir, on dirait que le travail se résume à ces deux verbes d’action. « Chaque jour, chaque parc, chaque cochon », formule simplement Éric Cossette.

Les registres sont bien remplis, les protocoles bien appliqués, les recommandations suivies à la lettre, confirme Éric Nadeau, expert-conseil de La Coop Seigneurie. Le réglage des trémies-abreuvoirs avant les lots et quotidiennement durant la bande d’élevage peut influer grandement sur les performances technico-économiques en fin d’élevage. « Pour moi, le lot commence avant que les animaux n’entrent. Je vérifie que chaque boulon est bien serré! » révèle Éric Cossette. Depuis peu, on procède à une sélection expérimentale des porcelets, qui sont regroupés suivant le poids et le sexe. Le but : constituer des parcs plus uniformes, pour créer moins de compétition à la mangeoire et faciliter la sélection des porcs prêts à l’expédition.

Le suivi de la santé des animaux fait l’objet de toutes les attentions. Au moindre signe de maladie ou de mordillage de la queue, on sauve des vies en traitant les porcs dans les parcs-hôpitaux. Résultat : le taux de mortalité le plus faible parmi les 10 fermes ayant les meilleurs indices d’efficacité en engraissement en 2013,
ce qui permet d’expédier plus de kilos de porc à l’abattoir.

Le poste budgétaire consacré à l’épandage du lisier est aussi digne de mention. Dans cette région en déficit de fertilisants organiques, disposer aisément du lisier en le donnant aux receveurs permet d’économiser entre trois et quatre dollars par porc produit, calcule Éric Nadeau, soit l’équivalent du salaire d’une personne!

Côté biosécurité, les Cossette comptent sur le plus naturel des filtres : un minimum de cinq kilomètres de champs et de forêt entre eux et le plus proche producteur de porcs!

Même les quelques jours qui séparent les bandes d’élevage sont mis à profit. Les Cossette détrempent, savonnent, lavent, rincent, désinfectent et assèchent les sections dès la fin du troisième départ des porcs pour l’abattoir. Un vide sanitaire d’au moins trois jours sera donc bénéfique pour qu'une nouvelle bande puisse repartir… avec toujours autant de rigueur et de régularité!

Vous pouvez lire l'article complet dans l'édition imprimée du Coopérateur édition d'avril 2015.

Portrait de Étienne Gosselin

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est.

0 Commentaires