Récupérer l'eau, ça coule de source!

par Patrick Dupuis

Pour accroître leurs revenus et donner un coup de pouce à l’environnement tout en misant sur l’avenir de l’agriculture, des producteurs planchent sur la récupération d’eau. 

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Le système de récupération d’eau qu’a imaginé Marc-André Isabelle, diplômé en génie des bioressources de l’Université McGill, permet d’économiser quelque 2700 m3 d’eau par année (2000 gallons par jour), l’équivalent d’une fosse de 30,5 m (100 pi) de diamètre et de 3,6 m (12 pi) de profond. La Ferme Isabelle évite ainsi la dépense liée à une fosse plus volumineuse et réduit les besoins d’épandage, auxquels sont associés coûts de carburant et compaction des sols.

Située à Coteau-du-Lac, la Ferme Isabelle est la propriété de Luc Isabelle, de Céline Delhas et de leurs fils Marc-André et Alexandre. Jusqu’à l’été 2010, l’exploitation compte 48 vaches en lactation et un engraissement porcin de 1200 places. La crise du secteur du porc contraint alors les membres de la famille à transformer la structure de la ferme.

Le bâtiment d’élevage porcin de 1200 places est entièrement transformé. On y aménage la laiterie, un bureau, un atelier, le salon de traite double-8 (swing) et un système de récupération d’eau. Contiguë à ce bâtiment, une stabulation libre est construite. On y produit 75 kg de quota.

Dans la foulée des rénovations, on conserve la fosse, ce qui permet d’importantes économies. Mais sa capacité s’avère insuffisante pour les besoins de l’élevage laitier.

Pour résoudre ce problème, Marc-André met en place un ingénieux système qui permet de récupérer 1000 gallons d’eau par jour, utilisés pour le lavage de l’aire d’attente du salon de traite.

Le fumier de la stabulation libre est poussé dans le dalot. Ces déjections et l’eau servant à nettoyer cette portion de l’étable se déversent dans la préfosse, qu’un piston évacue vers la fosse extérieure. Tout ce liquide accumulé dans la préfosse éveille une idée chez Marc-André : « Comment en récupérer une partie pour l’utiliser comme eau de lavage dans l’aire d’attente de la salle de traite? »

À l’aide d’une pompe submersible, une partie du liquide de la préfosse est acheminée vers deux réservoirs, reliés entre eux, de 1000 gallons chacun. Le premier des deux réservoirs permet à la portion solide du fumier de se déposer. Lorsque le réservoir est rempli de liquide, le trop-plein, qui est constitué d’eau contenant une faible teneur de fumier, est déversé dans le deuxième réservoir. C’est cette eau qui, à l’aide d’un système à haute pression, permet de laver l’aire d’attente du salon de traite. Elle retourne ensuite au dalot, puis à la préfosse.

Pour en savoir plus, consultez l’édition de septembre 2013 du Coopérateur

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Portrait de Patrick Dupuis

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop

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