Pour accroître votre rentabilité en production maraîchère

par Christine Bourbonnais

Crédit photo : Normand Blouin

Plusieurs outils sont apparus sur le marché pour favoriser le développement des cultures maraîchères et maximiser leur potentiel de croissance : azote à libération contrôlée, biostimulants, extraits d’algues, adjuvants. Bref survol de leurs caractéristiques et avantages.

La fertilisation devrait être considérée comme un investissement et non comme une dépense. Une plante bien alimentée en éléments nutritifs – dont plus d’une quinzaine sont essentiels à sa croissance – sera mieux à même de se défendre contre les stress abiotiques (gel, chocs de température, salinité, manque d’eau, vent et verse) ainsi que les stress biotiques (champignons, insectes, bactéries, adventices).

Azote à libération contrôlée

Il est important de s’assurer que la culture a un bon départ, avec le moins de stress possible. Pour ce faire, utiliser des engrais à libération d’azote contrôlée s’avère une option intéressante.

L’azote à libération contrôlée FRN n’est pas nouveau, mais pourtant encore bien méconnu des producteurs maraîchers. Ce type d’azote offre une analyse garantie de 44-0-0 sous forme d’urée.

Son concept est assez rudimentaire : une couche de polymère breveté encapsule les nutriments azotés. La taille des granules de cette forme d’azote est semblable aux autres matières premières, mais sa couleur vert pâle permet toutefois de facilement les repérer.

Son fonctionnement est aussi fort simple : lorsque l’eau pénètre l’enrobage, l’azote devient en solution dans le granule. Quand la température est adéquate, l’élément se diffuse à travers le polymère, puis est libéré dans le sol.

L’intérêt de cette technologie est majeur : réduire de façon notable les pertes d’azote par lessivage et synchroniser les apports avec la croissance de la culture.

Biostimulants

D’abord, rappelons ce qu’est un biostimulant. La définition établie par la Biostimulant Coalition est la suivante : produit qui contient des substances ou microorganismes qui ont pour fonction, une fois appliqués sur les plantes ou au sol, de stimuler les processus naturels qui augmentent l’absorption des nutriments, leur efficacité, la tolérance aux stress, la qualité des récoltes, et cela, indépendamment de la teneur en éléments fertilisants.

Les algues sont utilisées comme fertilisants depuis fort longtemps, mais les extraits d’algues depuis quelques années seulement. La différence entre les deux est fort simple. Les algues entières utilisées comme fertilisants ne subissent que très peu de transformation avant l’application aux champs. À l’inverse, pour obtenir des extraits, il faut que les algues passent par un processus de transformation assez complexe destiné à en soutirer les composés bénéfiques aux cultures.

Ces plantes aquatiques ont développé certaines molécules qui leur permettent de résister aux multiples stress auxquels elles sont soumises quotidiennement. Ce sont ces substances qui sont extraites pour « biostimuler » nos cultures.

Plusieurs études ont permis d’observer une augmentation de la masse racinaire, une amélioration du contenu en chlorophylle ainsi que de la résistance aux stress abiotiques et biotiques chez les plantes traitées avec des extraits d’algues.

La Coop fédérée travaille actuellement avec l’entreprise québécoise OrganicOcean, qui fabrique d’excellents produits. Elle offre des extraits d'algues en version granulaire (Asco-Root), qui doivent être mélangés aux engrais secs pour assurer une répartition adéquate au champ, ainsi qu’une version liquide (Tonic), pour application foliaire lors des périodes de stress.

Rappelons que la gamme de fertilisants foliaires Folium3 contient également des extraits d’algues. Cette gamme est complètement différente de ce que nous retrouvons actuellement sur le marché québécois. Elle comprend à ce jour 16 produits, qui peuvent être utilisés en culture maraîchère et en grandes cultures. Elle est très innovatrice, en raison de sa technologie Évolution Amino. Celle-ci consiste en un procédé unique créé spécialement pour Folium3, qui comprend des chélates performants, des biostimulants et des adjuvants.

Parlons adjuvants

Les pulvérisations sont un autre point majeur à considérer en cours de saison. Plusieurs facteurs peuvent influencer la qualité et l’efficacité des applications, dont l’eau utilisée (pH, turbidité, dureté), l’état des buses, les facteurs climatiques et le stade de la culture.

Alignment est un produit qui peut certainement favoriser une bonne pulvérisation. Il s’agit d’un adjuvant multiusage, étant à la fois un agent antidérive, un agent de compatibilité et un agent collant. Il permet de grossir les gouttelettes d’eau pour réduire au minimum la dérive du pesticide et ainsi conserver celui-ci dans les zones souhaitées.

De plus, il agit sur la bouillie pour permettre une homogénéité dans le réservoir et éviter que certains produits précipitent. Enfin, il a pour effet de réduire la surface de tension des gouttelettes sur le feuillage pour améliorer l’étalement du produit pulvérisé.

Un facteur clé pour le succès des pulvérisations consiste à bien nettoyer son pulvérisateur entre les différents traitements. Pour ce faire, il est plus qu’intéressant d’utiliser un nettoyant de réservoir. Ce type de produit déloge toute trace de pesticide du réservoir. De cette façon, on évite tout risque de dommage aux cultures, en particulier lors des traitements qui suivent une application d’herbicide ou encore des traitements à base de cuivre, par exemple.

Portrait de Christine Bourbonnais

QUI EST CHRISTINE BOURBONNAIS
Christine est gestionnaire de comptes à La Coop fédérée. Elle est membre de l'Ordre des technologues.

christine.bourbonnais@lacoop.coop

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