Nos amis les robots

par Étienne Gosselin

Photo : Olivier Corriveau ne trouve pas d’inconvénients à ses nouveaux amis les robots : ils multiplient le nombre de traites par vache, tout en réduisant le travail physique associé à la tâche répétitive de la traite manuelle.

4 fermes, 4 modèles de traite. Carrousel, robots ou employés? Des entreprises nous font part de leur choix de mode de traite.

[Premier de quatre]

FERME CANCO

Entre quelques-unes de la soixantaine de voitures d’ensilage qu’il avait à décharger, le producteur laitier Olivier Corriveau a émis des commentaires sur l’achat récent de ses deux robots de traite. Une conversation sur le thème « Il était une fois la traite des vaches »!

L’un a 40 ans, l’autre 42. Olivier et Sébastien, deux frères, exploitent la Ferme Canco, une entreprise comptant aujourd’hui 105 vaches en lactation. Fiers coopérateurs et soucieux d’achat local, c’est vers une société anciennement suédoise (aujourd’hui suisse), DeLaval, que le tandem s’est tourné pour épargner de la traite leurs genoux de hockeyeurs hebdomadaires!


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Mais ce n’est pas en raison des blessures chroniques associées à la traite manuelle qu’Olivier et Sébastien ont fait la transition vers la robotique. « Pourquoi s’en passer aujourd’hui? » s’interroge Olivier. Car côté qualité de vie, les deux actionnaires de l’entreprise n’arrivaient pas à prendre chacun une fin de semaine sur deux de congé avant l’installation des robots, en septembre 2015. C’est aujourd’hui possible. Leur père, Candide Corriveau, 68 ans, peut aussi allonger de quelques mois ses escapades hivernales sur les routes du sud des États-Unis avant de revenir leur donner un coup de main, toujours apprécié.

Le plus gros défi des Corriveau? Les vaches mal adaptées à leurs nouveaux associés faits de métal et de microprocesseurs. « Nous avons dû vendre environ 10 % de nos vaches, surtout des vieilles vaches pas capables d’appuyer sur reset », dit de façon imagée Olivier Corriveau. Résultat : une baisse marquée, lors des six premiers mois, de la moyenne de production quotidienne de kilos de gras par vache, aujourd’hui remontée à 1,55 kg. Actuellement, 40 % du troupeau est constitué de vaches de première lactation.


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« Avec le robot, qui augmente la fréquence à 2,85 traites par jour, l’étable neuve et sa zone de litière profonde pour les vaches en préparation au vêlage, les logettes flexibles et la nouvelle litière de sable, les pis des animaux vieillissent moins vite et la mammite est moins fréquente », estime le producteur laitier. De plus, est-ce l’effet du hasard si ces mesures de bien-être animal associées au logement ont engendré une vache EX de plus et sept vaches TB-2 ans lors de la classification officielle réalisée la veille du passage du Coopérateur? Sûrement pas, pense Olivier Corriveau.

Bien entendu, les robots d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec les premières machines ayant été installées au Québec, au tournant des années 2000. Leur durée de vie et leur fiabilité se sont grandement améliorées, mais c’est le service-conseil qui impressionne le plus Olivier Corriveau. « L’équipe de conseillers spécialisés de La Coop, qui comprend Hugues Ménard et Philippe Couture, possède une expertise de pointe en matière de traite robotisée. Le service a grandement évolué. »


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Et la cerise sur le gâteau? Son appareil Herd Navigator, de DeLaval, qui analyse des échantillons de lait à tout moment pour déceler chaleurs, mammites et autres problèmes métaboliques. « C’est comme avoir un laboratoire en fonction à la ferme 24 heures sur 24, à longueur d’année! » s’enthousiasme le producteur de Saint-Vallier, dans Bellechasse.

Lire le dossier complet dans l’édition de septembre 2017 du Coopérateur.

Portrait de Étienne Gosselin

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est.

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