Les biostimulants : un incontournable pour nos cultures

par Christine Bourbonnais

À première vue, les biostimulants paraissent mystérieux et complexes. Démystifions donc le tout. Les biostimulants sont des produits qui contiennent des substances et/ou des micro-organismes. Appliqués sur les plantes ou au sol, ils stimulent les processus naturels qui augmentent l’absorption des nutriments, leur efficacité, leur tolérance aux stress, la qualité des récoltes et cela, indépendamment de la teneur en éléments fertilisants. En d’autres mots, il s’agit d’une classe à part de produits de protection des cultures.

Un des facteurs qui explique l’engouement actuel pour les biostimulants est qu’ils sont catégorisés comme des produits dits « naturels ». Cette catégorisation favorise leur intégration dans une régie de culture conventionnelle. Ils s’apparentent ainsi à des produits dits « plus verts ».

Selon la catégorie de biostimulant utilisée, la stimulation agira sur différentes parties de la plante. Il existe quatre sous-catégories : les inoculants microbiens; les acides humiques et fluviques;  les acides aminés et les extraits d’algues.

Les inoculants microbiens

Les inoculants microbiens sont divisés en deux groupes : les champignons (mycorhizes et  trichoderma) et les bactéries (comme les bacillus). Leurs fonctions dans la plante sont similaires, soit d'augmenter la disponibilité des éléments dans le sol, la masse racinaire et la capacité d’absorption des plantes. Par contre, leurs modes d’action varient selon l’espèce. Certains coloniseront les racines et augmenteront la surface d’absorption des éléments. D’autres, en se fixant aux racines, auront un effet de type bouclier puisqu’elles feront compétition aux agents pathogènes. Dans le cas des champignons comme des rhizobactéries, on parle d’une symbiose entre les racines et ceux-ci. Ce type de biostimulant peut être appliqué de trois façons : en traitement de semence; dans le terreau ou encore dans l’eau de transplantation.

Les substances humiques et fluviques

Les substances humiques agissent comme des éponges dans le sol. Elles retiennent dans la zone racinaire tout ce dont la plante a besoin pour croître adéquatement, c’est-à-dire l’eau, l’air, les éléments nutritifs et les micro-organismes bénéfiques. Elles augmentent la qualité des récoltes, la tolérance aux stress et améliorent la rétention des éléments dans la zone racinaire. En raison de la grosseur de ses molécules, ces substances doivent être appliquées au sol. Il existe toutefois une déclinaison des acides humiques, les acides fulviques, qui possèdent une masse moléculaire beaucoup plus faible, ce qui facilite l’absorption par les stomates des feuilles. Les produits humiques sont beaucoup plus intéressants dans les sols sableux où le pouvoir de rétention est moins important.

Les acides aminés

Les acides aminés sont produits naturellement par les plantes. Par contre, en période de stress, elles n’y parviennent plus, ce qui cause un ralentissement de croissance. L’apport de ces acides aux végétaux avant ou pendant ladite période favorise donc la reprise de vigueur.

Les algues

Les algues sont utilisées comme fertilisant depuis fort longtemps car elles possèdent une molécule qui lui permet de résister aux stress quotidiens. C’est donc cette molécule qui est extraite et utilisée comme effet biostimulant. Plusieurs études ont permis d’observer une augmentation de la masse racinaire, une amélioration du contenu en chlorophylle ainsi qu’une résistance aux stress abiotiques et biotiques chez les plantes traitées avec des extraits d’algues.

La méthode d’application diffère d’un produit à l’autre. Certains sont plus efficaces appliqués au sol, alors que d’autres le sont davantage en foliaire. Bien souvent, les dosages recommandés sont minimes, mais leur efficacité a bel et bien été démontrée au fil des ans. Toutefois, les résultats obtenus varient souvent d’une saison à l’autre, en fonction des stress subis par la culture.

La Coop fédérée travaille avec l’entreprise québécoise OrganicOcean et offre des extraits d’algues en version granulaire pour mélanger aux engrais secs, dans le but d’assurer une répartition adéquate au champ. Il existe aussi une version liquide pour application foliaire lors de périodes de stress. Rappelons que la gamme de fertilisants Folium3 contient également des extraits d’algues.

En conclusion, le meilleur moyen de connaître les bienfaits des biostimulants est encore d’en faire l’essai sous notre régie de culture. Il faut retenir que ce sont d’excellents outils pour permettre aux plantes d’exprimer leur plein potentiel génétique.

Portrait de Christine Bourbonnais

QUI EST CHRISTINE BOURBONNAIS
Christine est gestionnaire de comptes à La Coop fédérée. Elle est membre de l'Ordre des technologues.

christine.bourbonnais@lacoop.coop

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