Lait Óra : bien agiter avant de servir!

par Étienne Gosselin

Jean-Mathieu D’Amour tire le maximum de son entreprise laitière en suivant de près la production, la transformation et la commercialisation de son lait fermier – entier, pasteurisé, non homogénéisé… à agiter!

Le lait de la Ferme D’Amour est blanc et liquide, mais à bien y regarder, il n’est pas si banal : la crème flotte sur le dessus, il est enrichi en acides gras oméga-3 provenant du lin extrudé que consomment les vaches, il est emballé dans des bouteilles attrayantes, et la traçabilité est assurée par les mots « Produit du Bas-Saint-Laurent » sur l’étiquette. « Des clients d’un certain âge me disent que ça goûte le lait de leur jeunesse, indique Jean-Mathieu, 28 ans. Et des familles apprécient le lait à 3,8 % de matière grasse pour le développement de leurs jeunes enfants. »

Mettre en marché son lait, l’eût-il cru? Tout était au futur et au conditionnel pour le jeune producteur laitier, qui s’était donné trois mois afin d’obtenir tous les permis nécessaires pour livrer du lait aux consommateurs. Or il se sera colletaillé à la bureaucratie pendant trois ans! « Le lait est un aliment fragile », justifie-t-il, mi-figue, mi-raisin.

Le 28 février 2017, l’entrepreneur apposait les premières étiquettes sur des bouteilles d’un litre et de 473 ml. Aujourd’hui, la ferme commercialise 20 % de la production issue de ses 52 vaches en lactation. Du lait vendu en moyenne 75 ¢ le litre aux Producteurs de lait du Québec, mais que l’entreprise doit racheter à 1,06 $, comme le font les industries laitières. En boutique, on détaille ensuite le liquide à 3,75 $ le litre.

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« Kim et Jean-Mathieu ont eu le courage de lancer un gros projet, qu’auraient abandonné en chemin bien des entrepreneurs », juge le technologue Samuel Pelletier, expert-conseil de La Coop, qui équilibre les rations des vaches de la Ferme D’Amour. « Leur projet peut pallier les incertitudes de la gestion de l’offre ou des baisses de prix du lait, en leur permettant d’acquérir une indépendance. »

Si la ferme n’est qu’à quelques kilomètres du centre-ville de Rivière-du-Loup, elle se situe dans un rang peu passant. Le réseau social de Mark Zuckerberg est donc devenu l’outil de prédilection de Jean-Mathieu, très actif sur sa page Facebook. Les dégustations dans les points de vente permettent aussi d’augmenter de 30 à 100 % le volume écoulé, selon la réceptivité des clients.

Pour ne pas gérer des invendus, l’entrepreneur effectue un démarchage progressif, un point de vente à la fois, jusqu’à la quarantaine de lieux actuels, situés entre Québec et Rimouski. « Ça joue du coude sur les tablettes, révèle Jean-Mathieu. Je n’ai pas les moyens des grandes entreprises, mais j’ai l’avantage de la nouveauté pour me positionner. »

Exploiter leur propre usine, c’est pour bientôt pour Kim et Jean-Mathieu, qui veulent garnir davantage leur étalage en proposant cinq ou six produits laitiers solides ou liquides, dont il faudra parler… dans un prochain article!

Vous pouvez lire la version complète de ce reportage dans l'édition d'avril du magazine Coopérateur.

Portrait de Étienne Gosselin

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est.

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