La protection des pollinisateurs : c'est l'affaire de tous!

par Nicolas Tremblay

Depuis quelques décennies, on observe un affaiblissement et un effondrement et l'ensemble des populations de pollinisateurs. Voici des éléments de gestion à mettre en pratique pour réduire au minimum les impacts négatifs de certaines pratiques agricoles.

S’informer et communiquer

Dans un premier temps, il est important de savoir si des colonies d’abeilles sont présentes aux alentours de vos champs, soit à moins de trois kilomètres où vous prévoyez pulvériser des insecticides. 

Si c’est le cas, prenez le temps, avant les applications, de communiquer avec les apiculteurs possédant des ruches à proximité. Ils jugeront si le risque est important pour leurs colonies et pourront les déplacer, si cela est possible pour eux. Il est aussi recommandé de procéder à vos applications le soir ou très tôt le matin, car il s’agit de périodes moins intenses pour le butinage.

Pratiquer la lutte intégrée

Il existe, pour de nombreuses cultures, des seuils d’intervention en cas de présence d’insectes ravageurs. En dépistant vos champs et en vous fiant à ces seuils, vous pourrez appliquer des pesticides uniquement lorsqu’ils sont requis. Lisez bien les étiquettes, car certaines consignes des fabricants de produits de protection des cultures visent à protéger les pollinisateurs.

Il existe aussi des insecticides à toxicité faible ou légère pour les abeilles et les autres pollinisateurs. Pour choisir un produit moins nocif, consultez SAgE pesticides (www.sagepesticides.qc.ca). Les solutions de rechange au traitement chimique devraient également être envisagées.

Pour limiter les risques de dérive des produits de protection, utilisez des buses antidérives et évitez de faire les applications lors de forts vents (≥ 16 km/h) ou en absence de vent. En effet, une vitesse de vent inférieure à 2 km/h peut favoriser la dérive des produits sous forme de vapeur. Les gouttelettes en suspension dans l’air s’évaporent et sont entraînées au loin, longtemps après la pulvérisation.

Conscientiser les employés

Si vos employés ou des travailleurs à forfait effectuent les applications d’insecticides chez vous, conscientisez-les aux risques d’intoxication des pollinisateurs. De plus, informez-les de la présence de ruches dans les champs.

Pour réduire la quantité de poussières mises en suspension dans l’air, il est recommandé d’installer des déflecteurs sur votre semoir pneumatique. Et lorsque vous ou vos employés manipulez des sacs de semences, prenez soin de ne pas libérer de poussières résiduelles dans l’environnement. 

Un habitat plus propice aux pollinisateurs

En laissant des bandes riveraines naturelles, en permettant aux plantes sauvages de fleurir dans les zones incultes ou en implantant dans certains endroits des plantes attrayantes pour les pollinisateurs, vous créerez un habitat qui leur sera plus propice.

Ces façons de faire faciliteront le travail des pollinisateurs, qui sont à l’origine de plus de 40 % des aliments qui se retrouvent dans nos assiettes. La protection des pollinisateurs, c’est la responsabilité des apiculteurs, mais aussi de tous les producteurs agricoles. Ensemble, on peut améliorer les choses.

Portrait de Nicolas Tremblay

QUI EST NICOLAS TREMBLAY
Nicolas est agronome et conseiller apicole provincial au Centre de recherche en sciences animales de Deschambault.

conseilsapi@crsad.qc.ca