Isabelle Lasalle : l'efficacité dans sa simplicité

par Guylaine Gagnon

Isabelle Lasalle, relève de la Ferme Karibel, à Saint-Paul de Joliette, vise la rentabilité maximale avec une entreprise à dimension humaine. Portrait d’une relève féminine déterminée.

Jolie jeune fille sportive, Isabelle Lasalle exprime clairement sa vision et son style de gestion : « l’efficacité dans sa simplicité », résume-t-elle. Pas de flaflas ni de gros équipements qui n’ont pas d’impact positif sur la rentabilité.

Isabelle ne veut rien laisser au hasard. Elle a l’intention de gérer serré et d’aller chercher le maximum de rentabilité.

Elle désire des vaches dotées d’une bonne conformation, des animaux en bonne santé pour une longévité maximale. Son objectif n’est pas principalement de faire de l’exposition, mais de faire du lait.

Des installations toutes neuves

Ses parents, Jacinthe Breault et Luc Lasalle, encore actifs dans l’entreprise, lui ont cédé 50 % de leur part en 2013. Du même coup, ils ont fait construire une nouvelle étable à stabulation libre, adopté la litière sur sable et installé un robot de traite. Tout ça pour faciliter le travail de leur fille et, plus tard, leur départ à la retraite.

« Depuis les débuts de Karibel, raconte Isabelle, le quota est passé de 22 kg/jour à 48, et ce, avec le même nombre de vaches. » La ferme compte aujourd’hui une cinquantaine de vaches, qu’Isabelle gère elle-même. « Je veux garder une entreprise de dimension familiale, parce que je veux demeurer proche de mes vaches. »

Son père s’occupe des travaux aux champs et sa mère de la comptabilité. « J’ai des parents compréhensifs », souligne Isabelle. En effet, la mise en place d’un robot lui a permis d’organiser son horaire plus facilement pour, entre autres, pratiquer ses sports favoris.

La vie avec un robot

« Certains croient qu’avec un robot, on passe notre temps devant l’ordinateur. Mais non. » Elle regarde les données en arrivant à l’étable et, si tout est beau, elle prodigue les soins aux animaux. Toutefois, elle reconnaît que c’est beaucoup d’observation.

Laurence Asselin, son experte-conseil à La Coop Profid'Or, tient à préciser que « ce n’est pas parce que l’on ne fait plus la traite qu’on doit se rendre à l’étable seulement deux fois par jour. On doit prendre le temps de pousser au robot les vaches ayant récemment vêlé, de vérifier si des vaches sont malades (boiterie, etc.), si des vaches sont à saillir… » C’est une autre manière de gérer un troupeau, soutient-elle.

À ce propos, Isabelle a remarqué plusieurs faits positifs depuis la mise en place des nouvelles installations. Entre autres, ses animaux sont de meilleure qualité : « Les vaches ont grossi, elles sont plus solides. » Par ailleurs, elle n’a plus de mammites dans son troupeau, plus de blessures aux trayons, plus d’enflures aux jarrets, plus de déplacements de caillette et d’acétonémies. « La stabulation libre et le fait que les vaches marchent plus y sont pour beaucoup », croit la jeune Lanaudoise. Les frais de vétérinaire et d’insémination ont aussi baissé.

Isabelle estime que pour trouver l’équilibre dans une entreprise comme la sienne, il faut être deux. Son copain depuis près d’un an, Stéphane Varin, découvre les joies de l’agriculture, bien qu’il pratique déjà un métier de la construction.

Ses premiers élans

Dès le primaire, Isabelle voulait être utile à l’étable. Vers 13 ans, elle a commencé à se lever la fin de semaine pour s’occuper des animaux. « Une des premières fois qu’elle est venue à l’étable, raconte son père, c’était un samedi matin à 5 h. Je lui ai dit : “Que fais-tu ici?” Elle m’a répondu : “Je veux voir ce que tu fais avant que j’arrive.” »

Beaucoup plus jeune, à l’âge de 9 ans, elle a commencé à participer aux expositions. « Préparer ma génisse, la dompter, veiller sur son alimentation, ça m’a entre autres fait découvrir la génétique et aimer la gestion de troupeau », déclare la jeune femme.

Auparavant, elle avait envisagé l’ergothérapie comme profession. « Je voulais ouvrir mes horizons, même si je savais que la ferme m’intéressait. » Elle a arrêté son choix en 4e secondaire. Son père a alors eu un accident de motoneige et a perdu l’usage partiel d’un bras.

Luc ne pouvait plus faire la traite, mais il était en mesure de s’occuper de l’alimentation et des travaux aux champs. De son côté, Isabelle consacrait de plus en plus d’heures à la ferme. C’est d’ailleurs elle qui a trouvé les personnes qui ont remplacé son père pour qu’elle puisse terminer son secondaire et suivre sa formation en gestion et exploitation d’entreprise agricole au cégep de Lanaudière.

Engagements dans son milieu

Isabelle aime s’engager auprès d’organisations de son milieu. De l’âge de 16 à 24 ans, elle a été vice-présidente puis présidente des Jeunes ruraux lanaudois. Autour de 19 ans, elle s’est impliquée dans le Club Holstein Lanaudière. Elle en est actuellement la vice-présidente.

Son implication, sur le plan tant agricole que sportif, fait d’elle une personne aux nombreux contacts. Lorsqu’elle était plus jeune, on l’identifiait rapidement comme la fille de Luc. Aujourd’hui, les gens replacent rapidement Luc quand on précise qu’il est le père d’Isabelle!

Cela démontre bien qu’elle sait faire sa place, et qu’elle saura gérer la Ferme Karibel efficacement et simplement. Comme elle l’entend!

Vous pouvez lire le texte complet dans l'édition de janvier de la version imprimée du magazine Coopérateur, ou encore, en cliquant ici. 

Portrait de Guylaine Gagnon

QUI EST GUYLAINE GAGNON
Guylaine a grandi sur une ferme dans la région de Lanaudière. Intéressée par l’écriture, elle ne croyait pas qu’un jour elle combinerait son métier à celui de ses parents. Embauchée en 1991 comme secrétaire-correctrice, Guylaine a depuis gravi les échelons jusqu’à la fonction de rédactrice en chef du Coopérateur.

guylaine.gagnon@lacoop.coop

 

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