Influenza aviaire : prenez garde!

par Benoit Lanthier

Depuis la fin de l’année 2014, on a abattu plus de 48 millions d’oiseaux en Amérique du Nord pour lutter contre l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). Malgré un ralentissement de l’épidémie, la vigilance reste de mise.

Le principal signe d’infection dans un troupeau est une mortalité élevée, pouvant atteindre près de 100 % en 48 heures. Dans les troupeaux de pondeuses commerciales en cage, la transmission se fait beaucoup plus lentement, et il est possible que l’évolution de la maladie s’échelonne sur une vingtaine de jours.

Il n’existe aucun traitement. La seule méthode efficace de lutte contre une épidémie d’IAHP est la dépopulation rapide. Les experts intervenus dans l’épidémie aux États-Unis jugent que pour contenir efficacement le virus, la dépopulation devrait avoir lieu dans les 24 heures suivant le diagnostic. Plus longtemps on garde en vie un troupeau infecté, plus il excrète le virus et risque d’en infecter un autre.

Des vaccins sont offerts dans certains pays, mais leur efficacité n’est pas suffisamment bonne pour en justifier l’utilisation. Ils ne font que réduire la sévérité du passage du virus, mais n’empêchent pas les oiseaux de s’infecter ni d’excréter le virus.

Facteurs prédisposant à l’infection

Les oiseaux migrateurs peuvent être des porteurs asymptomatiques du virus de l’influenza aviaire hautement pathogène. Cela signifie que lorsqu’ils migrent vers le nord ou le sud, il est possible qu’ils excrètent le virus par leurs fientes dans l’environnement autour des poulaillers, sans présenter eux-mêmes de signes de maladie.

Il existe quatre voies migratoires : la voie centrale ainsi que celles du Pacifique, du Mississippi et de l’Atlantique. Les oiseaux de ces voies se rencontrent en hiver dans le Sud et en été dans l’Arctique. Durant ces périodes, il est possible que des oiseaux de différentes voies migratoires aient des contacts entre eux et amènent le virus dans une autre voie.

Puisque le virus pourrait être présent dans notre région cet automne et qu’aucune méthode de prévention efficace n’existe, il est essentiel de mettre en place les mesures de biosécurité requises afin d’éviter l’introduction du virus dans les poulaillers.

En prévention…

Trois éléments importants sont à considérer : la collecte par camion des oiseaux morts près des poulaillers, la collecte des ordures près des poulaillers et le non-respect des mesures de biosécurité à l’entrée (le port d’un survêtement et de bottes propres).

Ces éléments laissent la possibilité d’introduire le virus sur le site à partir d’un autre site contaminé (par les camions), puis dans le poulailler (par le non-respect des mesures de base).

La présence d’un troupeau infecté à proximité est également un facteur de risque extrêmement important. Une dépopulation rapide est recommandée pour limiter le nombre de jours où des oiseaux excréteurs du virus sont à proximité de troupeaux encore sains.

Pour contenir d’éventuelles épidémies, il est primordial que l’industrie et les autorités gouvernementales aient une excellente communication afin de déployer des mesures d’urgence efficaces.

Lisez la version complète de l’article sur l’influenza aviaire dans la version imprimée ou virtuelle de l’édition de septembre 2015 du Coopérateur.

QUI EST BENOIT LANTHIER
Benoit est médecin vétérinaire au Secteur avicole de La Coop fédérée.

benoit.lanthier@lacoop.coop

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