Impact économique d'une stratégie d'alimentation

par Nicolas Marquis

Crédit photo : Étienne Gosselin

Une production moyenne par vache élevée, alors que chacune reçoit l’alimentation qu’elle mérite, aidera à maximiser la marge par kilo de gras. La phase tarissement-transition en sera le point de départ, en maximisant les pics. Voici plus d’explication.

On l’a déjà écrit : le prix du lait par hectolitre ou les coûts par hectolitre pris séparément sont incomplets pour mesurer l’impact économique. Il faut aussi considérer le nombre d’hectolitres produits et à produire (en fonction du pourcentage de gras), le taux de protéine du lait, les kilos vendus, la santé du troupeau, la reproduction. On doit également tenir compte du fait qu’on produit beaucoup d’hectolitres et qu’on est vendeur régulier de vaches au lieu d’être acheteur.

Rations servies = rations méritées?

Pour réussir à augmenter la marge par kilo de gras vendu, il faut s’assurer que les rations sont le plus près possible de celles méritées (en fonction de la capacité de produire). Dans la figure du groupe 1, on peut voir l’impact sur les coûts par hectolitre et la marge par kilo de gras pour trois vaches recevant une ration permettant de produire 40 kg de lait et qui en produisent 30, 40 et 50 kg. Pour les vaches alimentées individuellement, le résultat est le même si on les suralimente. Une vache qui produit beaucoup dans ce groupe 1 coûte moins cher par hectolitre et influence positivement la marge par kilo.

L’impact de vaches peu productives dans le groupe 2 (figure 2) est négativement spectaculaire et fait vite comprendre que ce groupe n’est pas souhaitable. En plus, les risques d’embonpoint sont préoccupants. 

On veut baisser les coûts? Accroître la marge? Il faut alimenter les vaches selon leur capacité de produire. Et pour qu’elles produisent très longtemps, la phase tarissement-transition, postvêlage, doit être bien réussie pour maximiser les pics. Sinon, il y aura trop de vaches peu productives en milieu et en fin de lactation.

Coût des concentrés par hectolitre : une piste fiable?

Entendons-nous, il faut se préoccuper des coûts trop élevés. Mais imaginez que vous avez le troupeau du tableau 1 et que vous pouvez faire le quota avec seulement des vaches comme celles du groupe 1, 2 ou 3, produisant 40, 30 et 20 kg par jour respectivement : que feriez-vous? Si on se fie au coût des concentrés par hectolitre, on choisira des vaches du groupe 3.

Si on base son choix sur la marge par kilo de gras, faire 72 kg de gras, comme dans l’exemple du tableau 1, avec seulement des vaches de 20 litres (qui coûtent moins cher en concentrés) fera croître les dépenses annuelles en alimentation de 42 955 $. Il faudra 36 vaches de plus pour produire le quota, et ajouter les frais variables qui s’y rattachent. Traire seulement des productrices de 40 kg, au lieu de productrices de 30 kg, c’est 11 vaches en moins et 18 447 $ de frais d’alimentation en moins. Sans compter tous les autres frais variables à soustraire pour un cheptel moins grand.

Prenez le temps de mesurer vos résultats économiques de façon régulière et de cibler vos objectifs. Les experts-conseils de La Coop sont là pour vous aider et ont tous les outils pour le faire.

Voir plus de détail dans l’édition de novembre-décembre du Coopérateur à la page 39.

 


  

  

Portrait de Nicolas Marquis

QUI EST NICOLAS MARQUIS
Membre de l'Ordre des technologues, Nicolas est conseiller spécialisé en production laitière à La Coop fédérée.

nicolas.marquis@lacoop.coop

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