Ferme François Beaudry, génétique rentable

par Étienne Gosselin

On pourrait avoir l’impression que François Beaudry et Hélène Tremblay s’amusent en production laitière, se servant de leurs connaissances génétiques pour réussir aux plus hauts niveaux et pour nouer des amitiés durables au Québec et ailleurs dans le monde. Impression… confirmée!

C’est fou les exploits qu’ont permis 55 vaches et un travail assidu : deux plaques de Maître-éleveur (2002 et 2012), de nombreux records de production ou de conformation, des titres de championnes, des voyages internationaux à titre de juge officiel… Dans les grands rendez-vous laitiers ou dans les rapports du Réseau laitier canadien, la Ferme François Beaudry ne passe pas inaperçue.

Que 55 vaches? La taille d’une exploitation n’a pas de lien avec sa rentabilité, estime François. « Il faut qu’un entrepreneur trouve la taille d’entreprise qui lui convient, comme une chaussure à son pied. » Une ferme plus grosse n’aurait pas servi les goûts de ces deux éleveurs, dont les priorités sont invariablement – et en ordre – l’amour, la famille et le travail. Maximisées, leurs installations actuelles sont portées « à un niveau humainement intéressant », selon le Granbyen. Depuis cinq ans, le couple reçoit l’aide d’un employé à temps plein, Wilfried Paccou.

Puis, il y a l’expo… Pour Hélène et François, ce sport ou loisir est plus que de la compétition, plus qu’un outil d’amélioration génétique. C’est un moment de saine émulation, où l’œil des éleveurs Beaudry et Tremblay, ces généticiens appliqués, compare les bêtes DES PRAIRIES à celles des autres préfixes. « C’est aussi un grand club social, lance François, un lieu riche d’échanges humains qui nous font grandir. »

Le CV de François et Hélène ne s’arrête pas qu’à leurs réalisations professionnelles. Alors qu’auparavant Hélène donnait de son temps aux conseils d’établissement scolaire et qu’aujourd’hui elle s’implique comme administratrice au sein d’une des plus grosses caisses Desjardins du Québec (Granby–Haute-Yamaska), François compte 27 ans d’engagement en tant qu’administrateur ou président de la mutuelle d’assurance agricole Groupe Estrie-Richelieu et deux ans comme président d’Ayrshire Canada.

En 2017, il a obtenu le titre de personnalité de l’année d’Ayrshire Canada. Il est aussi délégué canadien à la Fédération mondiale Ayrshire. Enfin, comme juge officiel, il a parcouru la planète – Colombie, Afrique du Sud, Suède, Nouvelle-Zélande, États-Unis –, toujours en compagnie d’Hélène.

 

L’expo qui renforce

Le domptage, le toilettage, les frais d’inscription, de transport et d’hébergement, sans compter la perte de lait… Payante, l’expo? « La haute génétique, c’est rentable, évalue l’éleveur. Oui, on peut encaisser des sommes de la vente d’animaux ou d’embryons, parfois en seulement quelques minutes sur Facebook. De la même manière, on va chercher des animaux plus productifs pour notre élevage. Mais la participation à des concours encourage surtout les bonnes pratiques à la ferme, tout en stimulant notre degré de motivation. On cherche à se surpasser, et l’entreprise n’en devient que plus forte. »

En 2015, la moyenne annuelle du troupeau était de 9307 kg (4,47 % de gras, 3,36 % de protéine), bonne pour le premier rang au Canada (catégorie 50-64 relevés). La ferme a presque refait le coup en 2016, terminant au deuxième rang cette fois, avec 9214 kg. Malgré tout, la variabilité entre les individus du troupeau DES PRAIRIES est grande, même si les vaches reçoivent les mêmes soins dans l’étable! Il reste donc un travail génétique immense à faire, un terrain de jeu qu’adore François Beaudry, motivé par la recherche d’un troupeau dont la moyenne augmente et où l’écart-type rétrécit.

Dans l’étable, ne cherchez pas les sujets qui ne sont pas à vendre : ils le sont tous, à un prix distinct. « C’est agréable d’acheter ou de vendre des animaux! Je n’ai rien contre les troupeaux fermés, mais j’ai plus l’impression de contribuer à l’amélioration de la race en vendant ou en achetant des sujets de bonnes familles », conclut François Beaudry.

 

Portrait de Étienne Gosselin

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est.

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