Ferme 236 : les deux pieds dans le futur

par Céline Normandin

Photo : Ghislain Montpetit et sa mère, Jane Nieuwenhof. La relève de la Ferme 236 est bien établie et en route pour le futur.

Avec une relève bien implantée, une nouvelle étable et la génomique au cœur de ses activités, la Ferme 236 a les yeux fixés vers l’avenir.

La Ferme 236, située dans le rang qui porte le même numéro à Saint-Louis-de-Gonzague, est une véritable ruche en cet après-midi de septembre. La moissonneuse-batteuse reçoit les soins de Benoit Montpetit, aidé d’un des deux employés de la ferme. La récolte de maïs-ensilage est à peine terminée qu’il faut penser au soya, qui mûrit à vue d’œil grâce au soleil plus que généreux de cette fin d’été. Daniel Montpetit, le paternel, range le garage en prévision d’une visite d’une quarantaine de personnes dans trois jours, organisée avec STgenetics Canada.

Ghislain, frère de Benoit, prépare de son côté les doses de vaccins qui seront à administrer aux vaches plus tard cet après-midi, avec l’aide de sa mère, Jane. La liste et les fiches des animaux sont prêtes. Elles attendent dans le nouveau bureau, qui offre une vue imprenable sur la nouvelle étable, inaugurée le 20 mai dernier. Mesurant 85 m (282 pi) de longueur sur 38 m (124 pi) de largeur, la ferme est conçue en fonction d’un futur agrandissement, permettant d’accueillir en tout 340 vaches. Les 24 ventilateurs, de marque Ventec, installés sur tout le côté aident à déplacer le plus d’air possible pour rafraîchir l’étable.

Un projet pour la prochaine génération

Ce projet d’agrandissement, c’est un peu beaucoup pour la relève que Daniel Montpetit et Jane Nieuwenhof l’ont mené.

Les 125 vaches en lactation étaient, encore l’an dernier, en stabulation entravée et traites trois fois par jour. La production était en hausse et les marges diminuaient, malgré l’achat de quotas.

La décision de construire et de passer aux robots s’est prise rondement. La transition s’est bien déroulée.

La nouvelle étable contient 240 places, soit le double du nombre de vaches actuel. Elle est équipée de trois robots de traite et l’espace est prévu pour un quatrième. Un robot passe régulièrement pour repousser la ration totale mélangée (RTM) devant les vaches. La litière est faite de fumier recyclé. Une énorme fosse à fumier a également été construite.

Des projets pour l’avenir

Avec un bâtiment plus grand, les projets d’avenir se précisent pour la Ferme 236. La famille Montpetit a acheté du quota tous les mois. La vente de vaches a ralenti grâce à l’espace supplémentaire maintenant disponible. La ferme utilise de la semence sexée depuis deux ans, ce qui rend la relève abondante. Les veaux logent dans un bâtiment près de la maison de Daniel et Jane. Ils sont alimentés par une « louve », et une balance viendra bientôt peser les animaux à leur entrée et à leur sortie pour mieux contrôler la prise de poids. Deux autres étables froides hébergent les taures, pour un total de 350 animaux.

Depuis six ans, les Montpetit ont privilégié la génomique pour assurer la qualité de leur troupeau. Près de 85 % du troupeau est testé. L’accent est mis sur deux caractères : la production et une bonne santé générale.

La moyenne des vaches en kilos de gras par jour est de 1,5, avec 38 litres de moyenne par jour par vache pour le groupe des premières lactations.

L’entreprise vend elle-même des embryons génomiques, et certains de ses taureaux se trouvent dans le marché de la génomique sous le préfixe LACTOMONT. La Ferme 236 se situe d’ailleurs au 10e rang canadien pour l’indice Pro$ (+ 1652) et occupe le 1er au Québec pour les troupeaux de 100 vaches et plus. Elle figure également au 12e rang canadien pour l’IPVG (+ 2760) et au premier rang québécois dans la catégorie des 100 vaches et plus.

Benoit n’est pas en reste dans les champs. Sous sa responsabilité, et avec un coup de main de son père, il gère près de 325 ha (800 acres) de terres, qui servent à alimenter le troupeau en ensilage de maïs et de luzerne. Les vaches consomment de manière volontaire 31,5 kg en RTM de matière sèche (en excluant les rations servies au robot).

Et qu’est-ce qui motive tout ce beau monde? « C’est le désir de pousser un peu plus, de ne pas stagner », avance Ghislain. Le jeune producteur parle en connaissance de cause : il a fait de la compétition de planche à neige de haut niveau durant plusieurs années, avant que des fractures à la jambe et au pied ne l’obligent à faire une pause et à réfléchir à son avenir. Il a gardé de ces années un esprit compétitif, qui est perceptible dans toutes les activités de la ferme. « C’est toujours possible d’aller chercher le petit plus qui va faire la différence. »

Lire l’article complet dans l’édition de novembre-décembre du Coopérateur.

Portrait de Céline Normandin

QUI EST CÉLINE NORMANDIN
Détentrice d’une maîtrise en science politique, Céline est journaliste-pigiste auprès du Coopérateur. Et ce n’est pas par hasard si elle se retrouve aujourd’hui à couvrir le secteur agroalimentaire puisqu’elle a grandi sur une ferme laitière. Sa famille est d’ailleurs toujours active en agriculture. 

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