É.-U. : la production bio ne comble pas la demande

par Nicolas Mesly

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La production de produits biologiques aux États-Unis a atteint une valeur de 50 G$ US en 2016, dont 7,6 G US directement à la ferme. Et la superficie cultivée compte plus de 2 millions d'hectares (métriques) cette même année. Malgré cette percée, les Américains sont largement déficitaires en produits biologiques et, en 2017, les importations sont quatre fois plus importantes (2,1 G$ US) que les exportations (565 M$ US), selon Peter Golbitz, président d’Agromeris, une firme de consultant.

Ce déficit pourrait-il être comblé en partie par le Québec, au moment où celui-ci désire augmenter cette production sous l’égide de sa nouvelle politique agricole et agroalimentaire? Parmi les dix principaux produits biologiques importés aux États-Unis, on retrouve du café, de l’huile d’olive, du soya, des bananes, du maïs, des avocats ou encore du vin et des pommes.


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« Il est très particulier de voir du soya et du maïs dans cette liste alors que nous sommes le plus gros producteur mondial », a indiqué Peter Golbitz.

C’est qu’au pays des plantes GM, celles-ci n’ont pas leur place dans la filière biologique, dont la production de poulets à griller bio qui a doublé de 2015 à 2016.

L’importation massive de grains biologiques a engendré un énorme scandale, révélé par le Washington Post en mai l’année dernière. C’est que le maïs et le soya importés d’Ukraine en transitant par la Turquie avaient été faussement étiquetés « biologiques ».

En 2017, les États-Unis ont importé 827 000 tm de maïs et de soya d’une valeur de près de 400 M$ US ou l’équivalent de presque 243 000 ha de superficie en culture.

Portrait de Nicolas Mesly

QUI EST NICOLAS MESLY
Agronome de formation, il a débuté sa carrière en journalisme agricole avant de devenir attaché de presse et assistant spécial du ministre de l’Agriculture du Canada. Nicolas est retourné au journalisme après avoir été secrétaire commercial à l'ambassade canadienne au Venezuela. Globe-trotter, sa spécialité est de cerner les grands enjeux agroalimentaires et écologiques. 

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