Des Fermes Boréales productives, collectives et coopératives

par Étienne Gosselin

Des porcelets plus uniformes, en meilleure santé et plus performants en engraissement : le projet de maternités collectives offre bien des promesses. Il s’ouvre aussi à toute personne désireuse d’investir dans une production porcine novatrice et durable. À qui la chance?

Les Fermes Boréales, ce projet de cinq maternités détenues collectivement (Olymel, coopératives du réseau La Coop et producteurs porcins indépendants), après avoir ciblé la Côte-Nord, opte maintenant pour le Témiscamingue, qui offre un meilleur attrait économique en raison de l’abondance de terres pour l’épandage des lisiers générés.

L’absence de fermes porcines fait du Témiscamingue un havre de biosécurité. « Olymel traite avec de nombreux petits producteurs naisseurs ou naisseurs-finisseurs qui sont souvent aux prises avec des crises sanitaires récurrentes, explique l’agronome Étienne Hardy, directeur principal en production porcine chez Olymel. Au fil du temps et des crises – syndrome reproducteur et respiratoire porcin, circovirus porcins, coronavirus de la diarrhée épidémique porcine –, il y a eu une prise de conscience de l’importance de la santé des troupeaux naisseurs. »

Quel a été l’élément déclencheur du projet des maternités collectives? « Dès 2005, nous avons commencé à rêver à des maternités plus grandes, tout en coordonnant nos élevages en bandes toutes les quatre semaines pour concentrer les mises bas et produire des lots de porcelets plus uniformes et de meilleur statut sanitaire, révèle Étienne Hardy. La crise économique en production porcine nous a aussi fait revoir nos coûts de production, pour être plus efficaces et plus productifs. »

On compte ainsi construire cinq maternités de 2390 truies chacune dans différentes municipalités, notamment Béarn, Fugèreville et Lorrainville, pour un total de 11 950 truies. La quarantaine de fermes d’engraissement appartenant aux partenaires des maternités collectives seront les premières à bénéficier de porcelets de la plus haute qualité.

Le projet des Fermes Boréales a été imaginé en répondant toujours aux trois piliers du développement durable : économie, environnement et société. Conséquemment, on prévoit des investissements de 50 à 60 millions de dollars, la création de 20 emplois durant la phase de construction (trois ans) et de 50 emplois permanents pour exploiter les maternités. Le projet permettra en outre de valoriser, à meilleur prix pour les agriculteurs, les céréales produites dans la région et transformées à la meunerie de La Coop à New Liskeard (Ont.), à moins d’une heure de route des maternités projetées. La valeur des engrais organiques générés, qui remplaceront des engrais minéraux, pourrait aussi être calculée. En somme, le projet dynamisera et diversifiera la production agroalimentaire régionale. Sur le plan environnemental, on prévoit l’utilisation d’un système d’irrigation pour l’épandage des lisiers, qui seront aussitôt incorporés pour atténuer les odeurs. Comme le stipulent les normes, les distances devant séparer les élevages et les champs des cours d’eau, des puits et du périmètre urbain seront rigoureusement respectées.

Pour plus de détails, voir l’article dans l’édition de mars 2015

 

Portrait de Étienne Gosselin

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est.

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